annie_saumontPrésentation de l'éditeur : Un sujet de rédaction qui n'inspire pas vraiment cet écolier : " Un soir, à la maison. " Des parents las, une soeur enceinte, un frère idiot... Non, l'instituteur n'a pas besoin de savoir tout ça. On ne peut tout de même pas tout raconter. Annie Saumont, elle, le peut. Les mains d'un amant quand on ferme les yeux, la lâcheté des hommes, les plats du jour, une lettre perdue, un sixième bol, un livre de sainte Thérèse planqué sous un étal de boucherie, un slip de bain tigré, des chocolats, la fin du monde... Voilà le temps qui passe, les mots qui coulent, ceux qu'on ne dit pas et ceux que le silence excuse. Ce sont des tranches de vie, des paroles en l'air, d'autres qui retombent. Un élève qui sèche. Un écrivain qui dit le quotidien, l'amour, la haine, le bonheur et la déception. Et tout, dans ce bref recueil, dit les errances de l'âme humaine dans un monde qui ne suffit pas.

Un petit recueil de 17 nouvelles très courtes (certaines vaguement "glauques"), très agréables à lire grâce à la fluidité du style. C'est varié, ça coule tout seul, c'est un régal !

J'ai particulièrement aimé : le parfait goujat qui invite son amie au restaurant pour rompre ("Restaurant" p. 45-51), et "Un soir à la maison" (p. 107-111) où l'instituteur demande aux élèves de raconter une soirée : "[Maman] a dit, Ton maître qu'est-ce qu'il se figure, il veut savoir comment on vit, comment on passe nos soirées. Un type qui ne manque pas d'aplomb. Se croit tout permis parce qu'il est fonctionnaire. Elle a dit encore, Il va m'entendre, je le convoque demain pour une inspection." (p. 110).

Ma note : 14/20

Un soir, à la maison - Annie Saumont, Pocket, juillet 2009, 153 p.