garatPrésentation de l'éditeur : "Pendant la guerre, deux femmes s'installent ensemble dans une petite maison d'angle, dans un quartier évacué de la ville. Marie, femme d'âge mûr, cuisinière de talent, a pris sous sa protection la jeune Lise, culottière, giletière, couturière à façon, et elles sont devenues comme mère et fille. Les pénuries, le froid, la pauvreté, les bombardements qu'elles endurent en ce temps de guerre n’entament pas le bonheur qu'elles se donnent l'une à l'autre. (...)"

Ces deux femmes se confient, se découvrent des passés proches, unissent leurs solitudes. Un amour étrange les unit : Lise évoque Marie tantôt comme une mère, tantôt comme une amante, bien qu'il n'existe aucun lien charnel entre elles. Ses déclarations sur leur relation sont très fortes, surprenantes.

C'est plein de jolies réflexions sur ce qui nous lie aux autres, sur la naissance de l'amour, de l'amitié, la difficulté de faire durer ces deux sentiments, le prix à payer pour les entretenir.

"Les gens ne vous racontent pas leur vie dans l'ordre, ni dans les grandes lignes, ils y vont par petites touches locales, à l'impressionniste. Ils laissent des fils traîner, des bouts sans suite, qu'on laisse perdre par mégarde, par indifférence. Ce petit bout de fil, il faut du temps, ensuite, pour le renouer, raccorder les pièces et recoudre les morceaux ensemble, et que ça commence à ressembler à quelque chose." (p. 67).

"(...) j'ai compris que nouer un lien personnel n'est pas un acte de libre entreprise, d'invention et de don, de conquête et d'exaltation de soi, mais l'addition quotidenne de contrariétés, de compromis et d'offenses, de remords et de renoncements, de calculs épuisants qui sont comme le paiement différé de notre désir de faire à tout prix ce que nous voulons le plus." (p. 97)

J'ai savouré l'écriture et trouvé ce roman beau, certes, mais un peu long. J'ai eu le sentiment de tourner en rond dans cette histoire. Bref, comme le disent élégamment certaines blogueuses : un rendez-vous un peu manqué, et je le regrette... (est-ce l'ambiance vacances-mer qui ne cadrait pas avec cette histoire ?).

J'aime beaucoup la couverture, comment c'est souvent le cas pour les livres de la collection Babel. Ce livre sera placé comme un cadre dans notre bibliothèque.

Ma note : 12/20

Les mal famées, Anne-Marie Garat, Actes Sud, Babel, octobre 2002, 224 p.

De cette auteur, j'ai beaucoup apprécié Une faim de loup, analyse littéraire et psychanalytique du Petit chaperon rouge, livre qui fait lui-même penser à l'excellent Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim.

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