hassan_raisonPrésentation de l'éditeur : Sans raison particulière, Serge dix-sept ans, fils d'un notable d'une petite ville de province, se laisse entraîner dans une bande de skinheads désœuvrés. Par ennui, et aussi, pour les beaux yeux de Betty. Le jour où M. Brodsky, ancien déporté, vient témoigner dans sa classe, c'est la confrontation...

Yaël Hassan évoque souvent dans ses romans des relations entre un jeune et une personne âgée. Ici, c'est sur le mode de la confrontation : provocation insupportable d'un jeune néo-nazi à l'égard d'un vieil homme juif venu témoigner de la déportation.

J'ai apprécié le début, où l'on voit comme cela peut être absurdement "facile" pour un jeune esseulé de basculer du mauvais côté. A propos de Serge qui a rejoint un groupe de jeunes skinheads  : "Ainsi, il était des leurs et participait à tout : rassemblements, réunions nocturnes, bastonnades. Il se sentait pris d'une sorte de ferveur qu'il n'avait jamais éprouvée. Il devenait la force, le droit, le pouvoir. Lui que personne ne voyait et qui n'attirait personne, il existait enfin. Les chants, les slogans, la fraternité entre membres du mouvement, leur foi en leurs idées, tout cela le transportait dans des états  proches de la transe. Il était désormais prêt à aller toujours plus loin." (p. 33). La suite m'a déçue, les dialogues lors de la confrontation entre Serge et son père sonnent faux, l'adolescent s'exprime trop bien, est trop lucide sur les raisons de son adhésion à ce groupe, son repentir paraît étrangement soudain...

Lecture décevante, donc, alors que j'apprécie habituellement les ouvrages de Yaël Hassan. Un roman qu'on peut conseiller aux (pré-)ados.

Ma note : 12/20

Sans raison particulière, Yaël Hassan, Syros Jeunesse, Collection "Les uns les autres", septembre 2002, 108 p.