boyne1943, Bruno a 9 ans, ses parents lui annoncent qu'ils vont devoir déménager et quitter Berlin pour la carrière de son père qui a été promu commandant par le "Fourreur". Toute la famille se retrouve à "Hoche-Vite", dans un coin perdu donc, selon Bruno, mais pas dépeuplé : le jeune garçon aperçoit de sa fenêtre des gens derrière un grillage, tous vêtus à l'identique d'un pyjama rayé et d'un calot.

Voilà comment s'installe et se poursuit le récit, de manière tout aussi naïve. Ce ton m'a vraiment déroutée. Je savoure mal l'humour, le deuxième degré concernant le nazisme (cf. le livre La vie est belle de Roberto Benigni que j'ai trouvé très maladroit... et le mot est faible). On assiste ainsi à un curieux mélange de candeur et de réalisme, le camp étant vu - de très loin et par bribes - à travers les yeux d'un enfant de 9 ans. L'égocentrisme puéril de Bruno mécontent d'avoir déménagé pour une maison de trois étages au lieu de cinq, et envieux de ceux qui sont autorisés à se promener toute la journée en pyjama m'agaçait fortement. Le récit devient plus émouvant à la moitié de l'ouvrage, lorsque le garçon rencontre de l'autre côté de la barrière un jeune Juif de son âge et que l'amitié s'instaure. Les trois derniers chapitres m'ont émue et les dernières phrases donnent le frisson, bien sûr...

Mon impression générale : d'accord, l'auteur annonce d'emblée qu'il s'agit d'une fable, et le livre est destiné aux jeunes à partir de 12 ans. La narration m'a cependant semblé bien naïve et mièvre pour un tel public qui a la maturité nécessaire pour entendre les mots justes, et supporter des témoignages plus réalistes sur l'horreur nazie. Je n'aime pas édulcorer les sujets graves. Bref, vous l'aurez compris, je suis partiellement passée à côté de ce livre qui a en revanche bouleversé beaucoup de lecteurs.

Lasardine, Esmeraldae, Celsmoon ont été conquises.

Ma note : 13/20

Le garçon en pyjama rayé, John Boyne, Gallimard Jeunesse, Folio Junior, août 2007, 202 p.