sors_chambreC'est d'abord la jolie couverture qui m'a attirée à la médiathèque (du rose et du vert, vous imaginez !), puis le titre, qui évoque un(e) ado boudeur(-euse), et enfin le sujet après en avoir pris connaissance.

Clara découvre l'amour avec Baptiste, elle a 16 ans. La belle vie pour une ado, non ? eh bien, pas vraiment, puisqu'elle doit cohabiter avec la femme que son père a épousée un an plus tôt, la jeune, belle et superficielle Géraldine. Clara a du mal à supporter qu'elle ait remplacé sa mère, décédée 5 ans plus tôt d'un cancer. Aussi vit-elle comme une trahison supplémentaire la décision de son père de vendre leur propriété du littoral que sa mère aimait tant et où ses cendres ont été dispersées. Alors Clara s'enferme dans sa chambre, et annonce qu'elle n'en sortira que si son père renonce à la vente...

Un beau petit roman sur la découverte de l'amour à l'adolescence, le deuil chez les enfants, la difficulté pour eux de voir le parent survivant refaire sa vie (y compris à l'âge adulte), la façon d'idéaliser le défunt quand un tiers le "remplace", le fait de s'attacher à des biens matériels qui symbolisent la personne disparue.

Ma note : 14/20

Sors de ta chambre ! Karine Reysset, L'Ecole des Loisirs, Medium, mars 2007, 102 p.

Quelques phrases sur le deuil m'ont touchée :

"Je réapprends le bonheur petit à petit, m'autorise à être autre chose qu'une plaie béante qui peine à se refermer, à se cicatriser, qu'une remarque déplacée, un geste maladroit, un manquement suffisent à entailler." (p. 18-19)

"Cette maison est le dernier bastion, le dernier rempart contre l'oubli." (p. 27)

"(...) je rumine inlassablement comme si l'arrivée de Géraldine était la source de tous mes malheurs alors que c'est la mort de maman qui a tout dévasté. Mais c'est comme si une tornade s'était abattue après un tremblement de terre alors que nous tentions tant bien que mal de survivre en nous serrant les coudes." (p. 37)

"(...) je ne sais pas ce qui est pire, se souvenir trop bien ou pas assez." (p. 48)

"[Ma grand-mère] se met à me raconter qu'il a déjà suffisamment souffert comme ça, qu'il a le droit de vivre sa vie lui aussi, qu'il faut que je sache que rien n'angoissait plus ma mère que d'imaginer mon père seul et malheureux (...)" (p. 77-78)

Un livre sur le même sujet que j'avais aimé : L'Heure bleue de Nathalie Kuperman

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