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Présentation de l'éditeur : En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.

Virginie Despentes présente ici ses réflexions sur différents thèmes "féminins" ou plus exactement sur la féminité, les femmes et le sexe, dans notre société encore bien stéréotypée... Elle juge l'Etat trop restrictif, maternant - et par là-même infantilisant - qui écarte tout danger (alcool, tabac...) du citoyen, comme si celui-ci ne pouvait faire ses choix lui-même. L'auteur évoque ensuite le viol, traumatisme dont elle-même a été victime, et insiste sur la position ambigue de notre société à cet égard... Sans le moindre exhibitionnisme ni misérabilisme, Virginie Despentes relate son expérience de la prostitution, le regard nouveau que cela lui a fait porter sur les hommes, ses clients souffrant pour la plupart de solitude : "(...) dans ma petite expérience, les clients étaient lourds d'humanité, de fragilité, de détresse." (p. 65). Elle en donne sa version personnelle, moins sordide - précise-t-elle - que les reportages télévisés qui stigmatisent selon elle les difficultés du "métier". "La prostitution a été une étape cruciale, dans mon cas, de reconstruction après le viol. Une entreprise de dédommagement, billet après billet, de ce qui m'avait été pris par la brutalité." (p. 72).  De la même façon, l'auteur nous confronte à sa théorie de la pornographie...

A propos de la notion de féminité qu'elle avoue avoir du mal à définir, Virginie Despentes déclare in fine : "Après plusieurs années de bonne, loyale et sincère investigation, j'en ai quand même déduit que : la féminité, c'est la putasserie. L'art de la servilité. On peut appeler ça séduction et en faire un machin glamour. Ca n'est un sport de haut niveau que dans très peu de cas. Massivement, c'est juste prendre l'habitude de se comporter en inférieure. Entrer dans une pièce, regarder s'il y a des hommes, vouloir leur plaire." (p. 126).

Virginie Despentes est sensible, touchante, sincère, pas vulgaire comme je le craignais, même si son langage est souvent cru. Elle porte un regard acéré et pertinent sur les femmes et le sexe dans notre société. Même si on ne partage pas toutes ses théories, le propos est suffisamment sérieux et intéressant pour être écouté et respecté. Un petit essai qui fait réfléchir...

Ma note : 15/20

King Kong Théorie, Virginie Despentes, Editeur LGF, Le Livre de Poche, septembre 2007, 151 p.

Merci Cynthia pour cette découverte très intéressante ! sans ton billet, je pense que je n'aurais pas eu envie de lire cette auteur. J'ai désormais très envie de découvrir Bye Bye Blondie !

bye_bye_blondie