cousinesmodiglianiArgentine années 1940. Yuna est considérée par ses proches et la société comme handicapée - est-elle juste dyslexique et naïve ? on a du mal à cerner. "Je descendais d'une dynastie dégénérée et en piteux état." (p. 155). Yuna est paraît-il jolie comme la "Femme avec cravate" de Modigliani (ci-dessus). Elle tient son journal de 12 à 19 ans dans un style très enfantin, candide. Elle évoque sa famille, pour le moins insolite : sa mère est très autoritaire, sa soeur est lourdement handicapée, ses deux cousines plus légèrement, un pédophile vient vivre avec elle... Le style est fluide, agréable au début, on a envie de lire le récit sans s'arrêter. Ca change au tiers du roman où les phrases deviennent très longues, maladroites comme la pensée confuse de la jeune fille, qui se justifie en outre longuement sur l'usage des points et des virgules qui la fatiguent... ce qui lasse aussi le lecteur. Au même moment le roman se focalise sur les (més)aventures sexuelles des cousines, principalement celles narrées par la délurée Petra et dont le récit perturbe et dégoûte Yuna... Le tout est cru, scato... Heureusement, au milieu de cet atmosphère étouffante et malsaine, il y a la passion de Yuna : son activité de peintre où s'expriment sa grande sensibilité, ses angoisses non (ou mal) formulées (l'avortement, par exemple) : "(...) je porte tant d'ombres en moi que lorsqu'elles m'asphyxient, je les expulse dans mes tableaux (...)" (p.118)... J'ai découvert grâce à cet ouvrage un artiste argentin Emilio Pettoruti, son oeuvre et celle de Yuna sont censées être proches...

Un roman pour le moins étrange et dérangeant. Mon avis est mitigé en raison du style que j'ai trouvé désagréable...

Les cousines, Aurora Venturini, Robert Laffont, janvier 2010.

BOB

Merci à Bob pour cette découverte, merci aux éditions Robert Laffont pour l'envoi !

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Emilio Pettoruti - Pensierosa (1920) & ?