jardinL'auteur dresse de courts portraits de femmes qui ont jalonné sa vie. Elles sont toutes plus invraisemblables les unes que les autres : capricieuses, fantasques, mythomanes, nymphomanes, castratrices... une galerie de caricatures, en somme, à l'opposé de la sensualité douce et sereine suggérée par la couverture de cette édition.

L'exemple le plus frappant - et récurrent - est sans doute la mère d'Alexandre Jardin, "flambeuse" dans tous les sens du terme : par refus de s'attacher au passé, elle brûle par exemple ses livres (de la Pléiade, bien évidemment).

Ce livre se lit facilement et rapidement, mais avec un agacement et un sentiment d'incrédulité croissants. Le trait est forcé, cela en devient ridicule, on se demande jusqu'où il va oser "aller trop loin"... Trop, c'est trop : nombrilisme de l'auteur et sentiment d'appartenance à une élite, déballage d'argent, gaspillages et futilités de nantis, situations abracadabrantes... le tout dans un style ampoulé parsemé de vulgarité et de termes condescendants.

Après avoir bien baladé son lecteur pour le moins incrédule, l'auteur finit malgré tout par admettre : "Quand une femme me parle, j'entends à la fois ce qu'elle me dit, ce qu'elle aurait pu articuler et ce qu'elle devrait me crier pour que mon sort soit une féérie ou une tragédie stimulante." (p. 240).

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs Livre de Poche 2010.

Chaque femme est un roman, Alexandre Jardin, LGF, Le Livre de Poche, janvier 2010, 249 p.