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Riche soirée jeudi 29/04 en compagnie d’un auteur jeunesse passionnant et engagé : Thierry Lenain, dont je connaissais essentiellement la série des Mademoiselle Zazie. J’essaie de donner un petit aperçu de cette rencontre, je le publie avec l'accord de Thierry Lenain.

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L’auteur « n’est pas spécialement fasciné par l’écriture, ni la lecture, ni le livre lui-même », il est « fasciné par la pensée, les échanges entre les gens, les interactions entre les êtres humains ».

Il a commencé à écrire il y a vingt-quatre ans, lors de la première grossesse de sa première femme. Il ressentait le besoin de « construire », de « porter » quelque chose, lui aussi, il s’est alors mis « à écrire à son enfant, pour lui parler, pour qu’il l’entende ». Son premier roman jeunesse, Le soleil dans la poche, est né ainsi, il l’a lu à haute voix à sa fille lorsqu’elle n’avait que quelques jours. « Le rôle du père, c’est de porter l’enfant dans la parole, et le livre, c’est un moyen de le faire. C’est pour ça que les livres que j’ai écrits contiennent des morceaux de vie. Un écrivain, c’est quelqu’un qui a la capacité de témoigner de sa propre histoire et de livrer ce témoignage» précise-t-il.

Ainsi, le métissage de son fils lui a-t-il inspiré l’album Wahid. L’expérience de sa fille dans un orphelinat en Inde lui a donné l’occasion de poser la question « est-ce qu’on peut faire du mal quand on croit faire du bien ? » dans un album à paraître, Marion et Lali.

Thierry Lenain a « hérité » de l'engagement syndicaliste et politique de ses parents le besoin de dénoncer ce qui le heurte, « de faire des tracts » : il écrit « pour protester, pour dire sa colère, ses utopies ». Aussi ses romans sont-ils souvent engagés, mais l’auteur ne se limite pas à dénoncer dans ses livres, il agit. Il a soutenu la cause de sans-papiers, notamment celle de Dieu Merci (cf. album Moi, Dieu merci, qui vis ici), un voisin africain, et actuellement celle de Guilherme, réfugié angolais (cf. blog de soutien ici).

T.L. a commencé par écrire des romans pour ados, puis pour enfants, il se consacre aujourd’hui plus volontiers aux albums, il a « besoin que quelqu’un d’autre [un illustrateur] vienne créer à côté ». Thierry Lenain a évoqué son travail conjoint avec deux de ses illustrateurs. Il peut lui arriver de réajuster son texte s’il trouve que le dessin suffit finalement à exprimer une idée et qu’il y a alors « redondance » avec l’écriture.

Nous avons eu droit en avant-première à l’histoire de Mademoiselle Zazie et la robe de Max, à paraître bientôt. L’auteur nous a ainsi montré son don pour conter les histoires : le public était captivé… Pour info, Zazie est la petite fille qu'il rêvait d’être, et Max évolue depuis qu'il a un fils. Avis aux fans, Thierry Lenain poursuit sa série des Mademoiselle Zazie - et celle-ci pourrait peut-être intéresser d'autres médias...

Grâce aux questions de personnes de l’assistance, j’ai très envie de lire La fille du canal, roman pour ados/adultes inspiré par une auteur décédée qu'il admire énormément, Valérie Valère (Le pavillon des enfants fous, Malika). J'ai également noté Julie capable, l'histoire d’une fillette dont la mère s’est suicidée, là encore puisée dans son environnement. Je compte également découvrir les albums mentionnés plus haut.

* * * Merci à Thierry Lenain et aux organisateurs pour cette rencontre, encore une découverte très enrichissante de l’univers, du travail, de la sensibilité d’un écrivain. * * *