papa_fournierPlus besoin de présenter cet ouvrage ? Jean-Louis Fournier, célèbre auteur de "La noiraude" et de sketches avec Pierre Desproges ("La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède"), évoque ici la vie de ses deux fils lourdement handicapés, avec tendresse, parfois, beaucoup d'humour, surtout... un humour noir, désespéré, grinçant, voire choquant (notamment les blagues avec la nurse incrédule sur les ventouses et la défenestration)...

J'ai découvert ce témoignage en octobre 2008, j'avais alors été touchée par les mots tendres de Jean-Louis Fournier pour ses deux fils, "ses deux petits oiseaux" au langage de "lutins", émue par cette capacité à plaisanter sur un sujet ô combien douloureux pour un parent.

Depuis, différents blogs m'ont incitée à connaître le point de vue de la maman des garçons, librement exprimé sur l'espace http://ouonvamaman.monsite.orange.fr/.

Avant de relire ces jours-ci Où on va, papa ?, qui est sélectionné pour le prix des lecteurs Livre de Poche 2010, je suis retournée sur ce site, et j'y ai vu des censures de l'auteur et de l'éditeur...

Il reste néanmoins des informations en cliquant sur Agnès Brunet, on apprend notamment l'existence d'un nouveau blog : http://mamanmathieuetthomas.monsite.orange.fr./

agnesbrunet

Il est délicat pour le lecteur de se retrouver pris dans une querelle de couple... Il n'empêche que la censure dont est victime Agnès Brunet a donné un goût amer à ma deuxième lecture, je ne trouve plus l'auteur si drôle, ni si sensible, soudain...

... même si quelques passages m'ont de nouveau émue :

- "Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler de vous avec le sourire." (p. 8)

- "Quand on a des enfants handicapés, il faut supporter, en plus, d'entendre dire pas mal de bêtises." (p. 30)

- "Mes petits oiseaux, je suis bien triste de penser que vous ne connaîtrez pas ce qui, pour moi, a fait les plus grands moments de ma vie. Ces moments extraordinaires où le monde se réduit à une seule personne, qu'on n'existe que pour elle et par elle, qu'on tremble quand on entend ses pas, qu'on entend sa voix, et qu'on défaille quand on la voit. Qu'on a peur de la casser à force de la serrer, qu'on s'embrase quand on l'embrasse et que le monde autour de nous devient flou. (...) Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe : aimer." (p. 72-73)

- "Le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un enfant, c'est de répondre à sa curiosité, lui donner le goût des belles choses. Avec Mathieu et Thomas, je n'ai pas eu cette chance." (p. 116)

- "Si les enfants ont besoin d'être fiers de leur père, peut-être que les pères, pour se rassurer, ont besoin de l'admiration de leurs enfants." (p. 117)

- "J'espère quand même que, mises bout à bout, toutes leurs petites joies, Snoopy, un bain tiède, la caresse d'un chat, un rayon de soleil, un ballon, une promenade à Carrefour, les sourires des autres, les petites voitures, les frites... auront rendu leur séjour supportable." (p. 119-120)