poulinLe "Chauffeur" du Bibliobus sillonne les villages québecois pour approvisionner des lecteurs qui sont, pour la plupart, devenus des amis. Le Chauffeur est un passionné de littérature, au point d'aimer qu'on ne lui rende pas les livres empruntés, qu'ils aient enchanté d'autres lecteurs... Cet homme - solitaire, timide, sombre - a décidé que cette tournée d'été serait sa dernière, il se trouve âgé, il a peur de la vieillesse. Il rencontre un groupe de saltimbanques parmi lesquels se trouve Marie, une Française. Il ressent rapidement beaucoup d'admiration et de tendresse pour cette femme qui est, elle aussi, à l'automne de sa vie.

Une profonde mélancolie émane de ce roman et m'a, je pense, empêchée de le savourer pleinement. Bien sûr, ce récit est beau, très doux, l'histoire d'amour entre Marie et le Chauffeur est émouvante (quoique trop "guindée" à mon goût), c'est un hymne aux paysages resplendissants du Québec et à la littérature... mais... trop de lenteur, de langueur, de nostalgie ? un style presque naïf ? Je reste mitigée...

Mon avis : 3

La tournée d'automne, Jacques Poulin, Actes Sud, Babel, janvier 1997, 208 p.

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Merci, Kali et Petite Fleur, pour cette lecture commune ! Je vais découvrir vos avis...

Lucie a adoré "la poésie et la délicatesse" de ce roman.

Extraits :

"Cependant, j'ai assez vécu pour savoir que tout ce que l'on raconte sur l'âge d'or, la sagesse, la sérénité... tout ça est complètement faux. A mon âge, je n'ai rien appris de ce qui est essentiel : le sens de la vie, le bien et le mal... On dirait que mon expérience se ramène à zéro. J'exagère mais à peine, je le jure. Pire encore, j'éprouve toujours les mêmes craintes, les mêmes désirs, les mêmes besoins que lorsque j'étais petit. Quand les déficiences physiques viendront s'ajouter à tout cela - et elles sont inévitables -, ce sera le désastre, la déchéance. C'est ça que je ne veux pas vivre. Ca ne m'intéresse pas." (p. 158)

"Pour le plaisir de se trouver des points communs, ils parlèrent des livres qu'ils avaient aimés le plus dans leur vie (...)" (p. 178)