hodja_001Souvenir de Turquie pour Junior... et toute la famille !

Introduction de Dominique Halbout : Nasreddin Hodja est un personnage qui fait partie du paysage familier de tous les Turcs, grands et petits. On se raconte ses histoires, on emploie dans la vie courante ses bons mots sous forme d'expressions ou de dictons ; les écoliers lisent ses anecdotes, illustrées selon la personnalité que lui a forgée peu à peu la légende. Il s'agit d'un brave hodja, c'est à dire l'autorité religieuse du village et la seule personne du coin considérée comme savante, mais qui est en même temps un paysan, intimement mêlé à la vie de son village. De ce fait, il est nanti des défauts de tout un chacun : c'est un villageois matois, roublard, farceur, intéressé, gourmand, mais sans aucune méchanceté foncière et toujours bon enfant. (...) A travers ce recueil d'histoires très diverses se dessinent toute la vie religieuse et sociale d'un village d'Anatolie, avec ses coutumes et ses cancans, ainsi que l'environnement immédiat de Nasreddin Hodja, ses voisins, sa femme, son fils, son âne. Nasreddin Hodja, selon les savants, aurait vécu au XIIIème siècle ou au XIVème-début XVème siècle. (...)

La préférée de Junior est celle-ci, et j'aime beaucoup ce choix :

"On ne peut clore le bec des gens comme on ferme un sac à coulisse.

Un jour, Nasreddin Hodja se rend au village, son fils monté sur l'âne et lui à pied. Ceux qu'ils rencontrent en chemin font des réflexions à leur sujet : "Mais c'est le monde à l'envers ! Un homme âgé qui va à pied et un jeune homme jugé sans vergogne sur l'âne !". Nasreddin Hodja, en entendant ces paroles, fait descendre son fils et monte sur l'âne. Un peu plus loin, des gens qui sont au bord de la route s'exclament en les voyant : "Quelle honte ! Un grand type monté sur l'âne, tandis qu'un petit enfant va à pied. Il n'y a pas de pitié sur cette terre !". Nasreddin Hodja, entendant ces mots, prend son fils avec lui et ils continuent la route montés tous les deux sur l'âne. Un moment plus tard, ils rencontrent de nouveau des villageois. L'un d'eux s'écrie : "Ce n'est pas croyable ! Deux personnes sur cet âne efflanqué. Quelle cruauté ! Ils vont éreinter le pauvre animal.". A ces mots, Nasreddin Hodja descend de l'âne et en fait descendre également son fils. Ils poursuivent leur route, l'âne allant devant et eux derrière. A l'approche du village, quelqu'un sur la route dit à ses compagnons : "Regardez donc ces imbéciles ! L'âne s'en va paisiblement en ondulant de la croupe et eux se traînent à pied derrière lui. Quels idiots !". Entendant cela, Nasreddin Hodja dit à son fils : "Alors, tu as entendu ? Le mieux, c'est de faire à ta guise. Quoi que tu fasses, les gens y trouveront toujours à redire. On ne peut clore le bec des gens, comme on ferme un sac à coulisse." (p. 36)

L'avis général de Junior : j'ai dévoré ces courtes histoires. C'est très moral, et souvent la fin est amusante. Mais il y a des fables que je n'ai pas comprises. Les dessins me plaisent, la tête naïve de Nasreddin me fait marrer.

PS de Canel : je ne trouve pas cette édition en France (ah, dans l'oreillette, Gwenaelle me dit l'avoir !). Il existe le recueil infra, j'ignore s'il est accessible aux plus jeunes ?

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