adamcoeurNathan, dépressif chronique, est décédé dans un accident de voiture. Quatre mois plus tard, sa soeur Sarah, fatiguée de sa vie de mère, d'épouse, et de femme active, éprouve le besoin de partir sur ses traces, dans ce village japonais bordé de falaises où tant de désespérés viennent mettre fin à leurs jours.

Comme toujours chez Olivier Adam, nous suivons dans ce roman des êtres fragiles, mal en point, en rupture avec la banalité d'un quotidien qu'ils ne supportent plus. On retrouve la plupart des thèmes récurrents de l'auteur : le désespoir, l'alcool, le suicide, le sentiment de culpabilité des proches de suicidés, l'amour et la complicité entre deux membres d'une fratrie, et aussi la présence forte de la nature, de la mer... J'ai été moins sensible à cet ouvrage qu'à Falaises ou Des vents contraires, j'ai trouvé l'écriture plus diluée, moins percutante, les personnages m'ont moins convaincue. Pour Clara, en revanche, c'est un immense coup de coeur.

Merci, Clara, pour le prêt ultra-rapide, et la surprise ! Rousse

Le coeur régulier, Olivier Adam, Editions de l'Olivier, août 2010, 232 p.

Extrait :

"(...) la plupart des hommes et des femmes que je croisais dans la rue me semblaient admirables, qu'ils se lèvent chaque matin enfilent leur tailleur leur costume leur bleu de travail leur uniforme me semblait admirable, qu'ils se rendent à leur bureau dans leur usine, mènent cette vie-là et tiennent bon me semblait admirable, qu'ils s'occupent de leurs enfants du quotidien de leurs proches me serrait le coeur, je ne les connaissais pas mais je devinais en eux des blessures, une fatigue, des failles qui me bouleversaient. Leur capacité de résistance m'épatait, leur foi en l'avenir m'émerveillait, la vie me paraissait si dure et menaçante, si violente, coupante et acide, j'avais tout fait pour m'en protéger mais au fond je demeurais cette petite fille rongée par la peur qui se cachait dans la forêt et se lovait contre son frère, priant pour qu'on l'oublie et que les bombes tombent ailleurs." (p. 191-192)