fuckJuif allemand, Jakob Bronsky ne parvient à émigrer aux Etats-Unis qu'en 1953. Il vivote entre arnaques et petits boulots occasionnels, le strict minimum pour satisfaire son quotidien au service de l'écriture. Tout le récit tourne autour des combines de Jakob pour apaiser sa faim et sa libido : manger, écrire, b*te, tr*u, sont des leitmotivs... Le "fuck America" consiste à profiter de cette Amérique des années 1950 où l'intégration semble impossible à ce marginal. C'est cru, assez répétitif, mais l'autodérision du narrateur et quelques scènes amusantes (la discussion avec Shirley, notamment) viennent réveiller le récit et font passer de bons moments de lecture. L'émotion surgit quelques dizaines de pages avant la fin, lorsque Jakob évoque le sort des "six millions" de disparus et le sien en particulier dans l'Europe de la période nazie.

Mon avis : 13/20

Ce qu'en ont pensé Pickwick, Clara, Mazel.

Fuck America, Edgar Hilsenrath, Points, mars 2010, 279 p.