humbert2Professeur de lettres dans un lycée franco-allemand, le narrateur accompagne ses élèves à Buchenwald. Lors de cette visite, il est frappé par la photo d'un déporté qui ressemble étrangement à son père. Il enquête sur cet homme, David Wagner, et parallèlement sur l'histoire de sa propre famille. Ses recherches le confrontent à l'horreur de la Shoah, et à son propre rapport à la violence...

J'ai découvert L'origine de la violence il y a un an, je l'ai relu dans le cadre du prix des lecteurs Livre de Poche. J'ai retrouvé le même plaisir de lecture lorsque le narrateur fouille dans le passé familial... puis le même choc quand il est question de Buchenwald. Fabrice Humbert traite de l'horreur des camps sans fard, il nous livre des faits bruts, atroces. Ce faisant, il s'interroge sur la violence, le sadisme sans bornes des bourreaux. Plus diluée, éparpillée, la deuxième partie du roman m'a moins convaincue : l'auteur y développe des réflexions sur le nazisme (et là j'ai trouvé des longueurs), il revient également sur l'histoire familiale des Fabre - adultère, relations père-fils, identité et filiation... En dépit de ces quelques réserves, cet ouvrage reste pour moi un récit intense, révoltant, bouleversant, sur la Shoah et la violence humaine...

Mon avis en 2009. Je vois qu'il n'a pas changé.

L'Origine de la violence, Fabrice Humbert, LGF, Le Livre de Poche, avril 2010, 341 p.