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Trentenaire réservée, prude, vaguement déprimée, Lucie travaille sans grande conviction pour une agence de détectives privés. Généralement cantonnée aux filatures d'adolescents, elle vient de perdre la trace de Valentine, jeune fille de quinze ans manifestement perturbée. La grand-mère promet une grosse récompense pour la retrouver. Lucie va s'associer avec une redoutable "privée", homo aux méthodes persuasives et musclées : la Hyène. Formant un duo improbable et attachant, la timide silencieuse et la pugnace hardie vont partir sur les traces de Valentine, entre Paris et Barcelone, à la rencontre d'adultes désenchantés et d'ados révoltés...

Je poursuis ma découverte des ouvrages de Virginie Despentes, et j'admire toujours autant l'écriture et le propos. Son style vif, direct, a le mérite d'immerger rapidement le lecteur dans l'intrigue, même lorsque le cadre semble relativement dépaysant (ici, dérives adolescentes, milieu lesbien)... L'humour est savoureux : tour à tour caustique et tendre dans les reparties de la Hyène, il devient grinçant dans le regard porté sur la société et certains travers des protagonistes. L'auteur a en outre le talent de s'adapter parfaitement aux styles contrastés de ses personnages : le ton est toujours juste, qu'il s'agisse d'une jeune fille paumée, d'un écrivain nombriliste, d'une bourgeoise quadra mal-aimée, d'une ado victime de la violence paternelle... Ce roman a en plus une trame de polar, avec le bon dosage de suspense et de rebondissements-chocs. La fin surprend, laisse un goût amer et recadre vers le sujet qu'on peut avoir perdu de vue par moments : le désespoir adolescent...

Apocalypse Bébé, Virginie Despentes, Grasset, août 2010, 352 p.

Merci Patricia !

Challenge 2% de la rentrée littéraire de Schlabaya : 8/14

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