erikssonVille d'Uppsala (Suède), 2003. Une rue saccagée, des vitrines brisées, un jeune homme tué à coups de chaise dans une librairie dévastée, un incendie dans un centre d'accueil pour étrangers... La police est sur les dents, les affaires sont-elles liées ?

Ce polar s'inscrit dans une série d'intrigues indépendantes les unes des autres, mais toutes centrées sur le personnage d'Anna Lindell, inspectrice de police à Uppsala. Paul Arre nous apprend que le premier opus n'a pas été traduit en français (malgré son prix de "meilleur premier polar" décerné en 1999 par la Svenska Deckarakademin). A moins de maîtriser le suédois, on ne peut donc commencer que par La terre peut bien se fissurer.

Avec Le cri de l'engoulevent, j'ai fait connaissance avec Anna et ses collègues, en tentant de saisir les liens qui les ont unis précédemment en-dehors du travail. Les intermèdes sur leur vie conjugale/familiale m'ont rappelé la série de Mons Kallentoft (Hiver, Eté). Heureusement pour l'aspect "polar", ces apartés détaillés restent relativement rares. Le contexte de l'intrigue est intéressant : l'immigration en Suède semble récente au point que certains membres de l'équipe policière se trouvent dépassés par les problèmes de racisme : "Il était capable de s'occuper de délinquants ordinaires, à l'ancienne pour ainsi dire, à savoir voleurs, meurtriers et auteurs d'actes de violence, car il connaissait leur musique. Mais, devant ces nouveaux noms et nouvelles langues, il avait le sentiment d'être un étranger dans son propre pays." (p. 153)... J'ai regretté cependant que tout soit si dilué, éparpillé : on passe sans cesse d'un sujet à un autre, certains passages sont longs (lorsqu'on suit Ali, notamment) et la multiplication de noms suédois de personnages et de lieux rend le texte fastidieux. Tout cela nuit malheureusement au suspense et au plaisir de lecture.

Un avis mitigé donc, pour ce polar alourdi par une abondance de noms, de détails, de digressions qui éloignent le lecteur de l'intrigue. Les thématiques abordées (immigration et racisme en Suède, réfugiés politiques iraniens, conditions de travail des ouvriers en Asie) sont très intéressantes mais pas suffisamment approfondies, à mon goût.

Avis : 3

Merci, Biblio, pour cette lecture commune !   lecteur  lecteur

Le cri de l'engoulevent, Kjell Eriksson, Gaïa, août 2010, 380 p.

Merci à Bob et aux éditions Gaïa pour cette découverte de Kjell Eriksson.

BOB  ga_a

Challenge 2% de la rentrée littéraire de Schlabaya : 9/14

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