BacalaoAyrton a dix-sept ans, un charme ibérique, l'insouciance et la brusquerie de sa jeunesse. La première fois qu'il le voit en cours, Vincent, son prof de français, a le coup de foudre. Cette attirance tourne à l'obsession : l'écriture du garçon, ce qu'il possède, la moindre partie de son corps émeuvent Vincent... Désinvolture, jeu trouble de séduction ou calcul ? le jeune homme se rapproche de Vincent, qui demeure cependant frustré par cet amour non partagé…

Impeccablement écrit, avec grâce mais sans fioritures, ce récit est émouvant et déroutant. Appelons les choses par leur nom : on est à la limite ici de la péd*philie, la maturité et le consentement du jeune garçon étant plus que discutables. Mais là où l'on s'attendrait à s'indigner de l'emprise d'un adulte sur un adolescent, c'est au contraire la dépendance et la soumission dans lesquelles se retrouve plongé l'homme amoureux qui émeuvent - malgré le sentiment de malaise - et rendent ce texte si poignant.

Bacalao, Nicolas Cano, Arléa, 1er Mille, août 2010, 138 p.

Challenge 3% de la rentrée littéraire de Schlabaya : 19/21

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