expert_2Le titre est éloquent : le jeune Victor a été tué accidentellement par un chauffard qui a pris la fuite, son père décide de faire justice lui-même. Dans ce roman polyphonique, les témoignages de Boulard, le meurtrier, et de sa femme alternent avec ceux des parents de la petite victime. Si les voix de ces derniers sont à peu près convaincantes pour exprimer la haine à l'égard du coupable et le besoin de vengeance, les narrations des époux Boulard sont en revanche franchement caricaturales. A l'instar du criminel dans La femme du monstre, l'homme apparaît comme le "blaireau" dans toute sa splendeur. Il boit avec les copains le mercredi soir, conduit ensuite sans états d'âme, est d'un égoïsme et d'une muflerie à hurler, méprise sa femme (une sal*pe, une c*nnasse) et les employés de l'entreprise où il est cadre (des besogneux, des minables). Le portrait de l'épouse n'est guère plus reluisant. Aucune finesse, aucune nuance, c'est bien dommage... Hormis cela, le roman reste plaisant malgré un sujet difficile - précisément parce que les grosses ficelles tiennent à distance du drame - avec un bon suspense entretenu jusqu'à la fin.

Avis : 2_5

Les billets de Yv, Isa...

Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils, Jacques Expert, Editions Anne Carrière, janvier 2010, 254 p.

Extrait - s'il vous déplaît, vous pouvez passer votre chemin, le reste des témoignages de l'assassin est à l'avenant :

Boulard à propos de sa femme : "J'étais ce qu'on appelle un chaud lapin, et je me suis bien fait avoir. Elle est tombée en cloque et je l'ai épousée six mois plus tard. Elle a alors laissé tomber son boulot "pour se consacrer entièrement à sa famille". Croyez-moi, elle n'est pas à plaindre, je rapporte le pognon et elle ne br*nle pas grand-chose, à part s'occuper des gosses et de la maison. Maintenant qu'ils vont à l'école, je me demande bien ce qu'elle fout de ses journées." (p. 24)