cortegeDeux affaires, a priori non liées. L'assassinat monstrueux d'un petit garçon, perpétré par trois gamins de dix-onze ans, et parallèlement, le meurtre d'une jeune femme. Le lecteur prend connaissance du premier crime de manière entrecoupée, de plus en plus glaçante,  insoutenable, via les feuillets d'un rapport administratif. La deuxième enquête est menée entre Londres et le Hampshire par la Met et son équipe vedette, appréciée des amateurs d'Elizabeth George. On retrouve ainsi la géniale Barbara et l'admirable Nkata. Quid de l'homme parfait, distingué, intelligent, délicat, etc. - Thomas ? Amoureux revient-il ?... On fait la connaissance d'Isabelle Ardery, commissaire par intérim bornée, carriériste et portée sur la vodka. Tous les ingrédients sont réunis pour un bon polar de la reine (américaine) du crime britannique : des personnages convaincants grâce à leurs portraits subtils, des enquêteurs attachants qu'on retrouve avec plaisir, des interrogatoires bien menés, un mystère qui s'épaissit à mesure que les pistes se multiplient. Bref, un régal de lecture, et comme d'habitude avec cette auteur, un récit long et dense. Dommage que le dénouement soit si dilué.

Mon bilan : 500 pages excellentes, les 150 dernières trop longues.

Avis : 14/20

Le cortège de la mort, Elizabeth George, Presses de la Cité, Sang d'Encre, octobre 2010, 650 p.

Grand merci, Valérie, de m'avoir attendue pour cette lecture commune !  lecteur  lecteur

Extrait :

Quand Barbara est invitée à se relooker : "Barbara Havers avait été contrainte de commencer sa journée en se rasant les jambes, et cette corvée n'avait pas vraiment aidé à améliorer son humeur. Modifier son apparence physique produisait un effet domino : par exemple, le port de la jupe - trapèze ou non - nécessitait soit de porter des collants, soit de rester jambes nues, et dans un cas comme dans l'autre elle devait surveiller sa pilosité. Elle devait donc appliquer un rasoir contre sa peau. Il lui fallait de la crème à raser ou une espèce de savon moussant, qu'elle ne possédait pas, aussi eut-elle recours à une bonne dose de produit vaisselle pour obtenir quelques bulles. Mais l'ensemble de l'opération la conduisit à devoir exhumer un pansement de son armoire à pharmacie quand elle se coupa la cheville et que le sang jaillit. Elle poussa un glapissement et maugréa. Putain, merde, de toute façon, quel rapport pouvait-il y avoir entre sa façon de s'habiller et ses performances de policier ?" (p. 462)