percin"(…) j'agaçais tout le monde. Je ne me souviens pas d'un seul ami, avant Tadeusz. Pour le reste, timide et sensible, je faisais tout pour qu'on ne me remarque pas. Si j'aimais tant l'école, je crois que c'est parce que mes bonnes notes me donnaient l'impression d'exister. En dehors d'elles, on ne me remarquait pas : mon humeur était égale, mon physique banal." (p.17)

"Je ne m'intéressais à personne, puisque personne ne s'intéressait à la même chose que moi. Je me croyais au-dessus des autres, juste parce que j'étais à l'écart. Je me croyais unique, je n'étais que solitaire. Quand on se sent incompris, l'orgueil tient compagnie." (p.39-40)

La narratrice est une lycéenne luxembourgeoise introvertie, trop sérieuse, isolée de ses camarades et guère appréciée des adultes. Fille unique de parents peu disponibles, sa vie tourne autour de sa passion pour le grec ancien et la mythologie. Un livre de la bibliothèque en particulier la fascine : Amours des dieux et des héros. Une belle histoire amicale - puis amoureuse ? - va se tisser autour de cet ouvrage qui intéresse également Tadeusz, fils d'émigrés polonais. Au contact de ce nouvel ami issu d'un milieu social nettement moins favorisé que le sien, la petite fille riche, élevée dans un cocon, va alors s'intéresser aux problèmes politiques et sociaux de sa ville.

Un roman plaisant et juste, plus sérieux qu'il n'y paraît de prime abord. Sous couvert d'une histoire d'amour qui s'annonce banale, il propose des réflexions intéressantes, notamment sur les minorités défavorisées dans les pays riches.

L'âge d'ange, Anne Percin, L'Ecole des Loisirs, Médium, septembre 2008, 126 p.

Prochaine découverte de cette auteur dans le registre "adultes" avec Bonheur Fantôme, encensé sur la blogo... Ah non, il est préférable de lire Point de côté d'abord, me conseille Clara ! Merci !