gibier"A la base, ça devait être une fête, vu que c'était le mariage de mon frère. Mais une fête à Mortagne, on ne sait jamais bien ce que ça veut dire." (4e de couv)

L'album s'ouvre sur un faits divers atroce : un jeune forcené a tiré sur huit personnes, cinq sont mortes, dont un enfant... Il a juste oublié de garder une balle pour se supprimer. Massacre gratuit né d'un pétage de plombs "ordinaire" ? Rembobinage des événements des mois passés.

Le jeune homme vit à Mercourt, petit village de mille deux cent âmes, divisé en deux clans - ceux de la scierie et ceux de la vigne de Château Clément. Toutes les occasions sont bonnes pour s'enivrer, les bagarres sont légion, les hommes sont tous chasseurs. Pour eux, une seule devise : "je suis né chasseur, je mourrai pas gibier". C'est la loi du plus fort, la violence revancharde ou gratuite pour s'amuser. Notre personnage central se distingue, par son choix de métier, par sa sensibilité - ce qui lui vaut les sarcasmes de son père, de son frère et des autres hommes. La rage s'installe, puis bouillonne et explose suite à un drame.

Un graphisme fin, des visages peu harmonieux (comme l'exige le contexte), de jolies couleurs, et soudain une page très différente, sobre, pure, mais très explicite (cf. infra). Une BD dure, violente et émouvante, qui laisse le lecteur écoeuré, révolté. L'Ogresse avait prévenu - merci à toi pour cette découverte !

Avis : 14/20

Je mourrai pas gibier, Alfred (d'après un roman de Guillaume Guéraud), Delcourt, janvier 2009, Mirages, 111 p.

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