celui_qu_on_ne_voit_pasAu lendemain d'une fête arrosée qui a mal fini - crise de jalousie et échange de gifles avec son compagnon Per -, Helen est retrouvée morte sur une plage de Gotland, sauvagement assassinée, son chien décapité et une patte arrachée un peu plus loin. Le principal suspect est rapidement appréhendé, mais...

Attention, ceci est un polar suédois, et comme certains de ses compatriotes, il est lent, très lent même. Et pourtant, curieusement, on ne s'y ennuie pas, on le lit avec beaucoup de plaisir, mais sans sentiment d'urgence cependant. Les protagonistes sont bon enfant, tout le monde s'entend relativement bien, beaucoup de flegme, à peine un soupçon d'agacement ici ou là. Même la police et la presse parviennent à se croiser sans trop de heurts. Comme chez Mons Kallentoft, une grande place est donnée au climat ambiant - ici une chaleur étouffante. De loin en loin, la voix du meurtrier laisse progressivement entrevoir sa silhouette, et fait avancer l'intrigue en donnant des pistes au lecteur, qui a ainsi une légère longueur d'avance sur l'équipe enquêtrice.

Un polar doux et plaisant, à l'intrigue à la fois simple et efficace. Curieux mélange, inédit pour moi. Bien que relativement transparent, le flic Anders Knutas est sympathique - sa nonchalance peut-être ? - et on a envie de le retrouver dans d'autres ouvrages de Mari Jungstedt. Quelques uns sont traduits en français, nous apprend Paul Arre - merci !

Visage : 15/20 - Horloge  du 12 au 14/02

Celui qu'on ne voit pas, Mari Jungstedt, LGF, Le Livre de Poche, février 2010, 442 p.