gagnonTout juste retraité de la fonction publique, le narrateur décide "d'adopter" Léo, un vieil homme presque centenaire auquel il s'est attaché en rendant visite à sa propre tante à la maison de retraite. Pour cela, il réaménage sanitaires et chambre, et prend un petit animal de compagnie, sur les conseils de gérontologues. Une grande tendresse et un profond respect mutuel unissent les deux hommes, la vie est douce, les moments de grâce se succèdent, et puis... la santé de Léo se détériore : "Léo est devenu vieux. Les vieux oublient, s'étouffent, font répéter, voient trouble, tombent, n'en veulent plus, en veulent encore, ne dorment plus la nuit, dorment trop le jour, font des miettes, oublient de prendre leurs médicaments, nous engueulent tant qu'on serait tenté de les engueuler à notre tour, pètent sans le savoir, répondent quand on n'a rien demandé, demandent sans attendre de réponse, échappent puis répandent, ont mal, rient de moins en moins, gênent le passage, s'emmerdent, souhaitent mourir et n'y parviennent pas..." (p. 49). La dégringolade de Léo devient éprouvante, désolante mais le narrateur ne baisse pas les bras...

Un formidable petit roman tour à tour drôle, émouvant, poignant. Une jolie leçon de courage, de tolérance et de respect.

Pouce levé : 15/20 - Horloge  < 1h non stop

Mr  L'avis enthousiaste de Mr :

Un "jeune" retraité fait la connaissance d'un vieillard dans une maison de retraite et décide de l'adopter. Cette démarche, peu commune et a priori incompréhensible, m'a dans un premier temps laissé penser que j'aurais de la difficulté à entrer sérieusement dans l'histoire. En quatre-vingt pages, l'auteur parvient cependant à exposer de manière émouvante la relation entre ces deux hommes ainsi que le drame que constitue l'apparition de la sénilité. Le tout est raconté sobrement, sans excès de sensiblerie.

Mon vieux et moi, Pierre Gagnon, Editions Autrement, août 2010, 86 p.