ouiBientôt trentenaires, Benjamin et Juliette sont ensemble depuis un an, mais chacun vit chez soi. Sur un coup de tête et/ou pour mettre les sentiments de son chéri à l'épreuve, la jeune femme tout feu tout flamme le demande en mariage. La réponse tarde un peu trop pour que l'accord paraisse vraiment enthousiaste. Qu'importe : c'est parti, tout est en marche. Maîtresse/amant, amis, ex- et parents des tourtereaux vont devoir se faire à cette idée.

Un couple central, et quelques autres de générations différentes qui gravitent autour, dont certains à géométrie variable. Donc forcément, il est question d'amour, de jalousie, d'adultère, de fidélité, de la peur de s'engager et de tomber dans la routine, etc. Le point de vue change à chaque court chapitre, on visite alternativement les états d'âme et jugements de tous les proches des futurs mariés. L'ensemble, à la fois léger et profond, est vraiment réjouissant. Un régal absolu de lecture qui m'a un peu rappelé Une pièce montée de Blandine Le Callet pour les regards cyniques, La noce d'Anna de Nathacha Appanah pour les relations mère-fille à la veille d'un mariage, et Une femme normale d'Emilie Frèche pour les narrations multiples qui offrent des regards contrastés sur les mariés.
 
Pouce levé : 15/20 - Horloge  6-8 avril
 
Oui... - Murielle Renault, Le Dilettante, janvier 2011, 288 p.
 
De cette auteur, j'avais beaucoup aimé Le strip-tease de la femme invisible.
 
Le strip-tease de la femme invisible
 
 
L'angoisse du futur marié : "Nous allions nous marier, pour de vrai, et soudain j'en percevais la portée. Plus jamais d'autres femmes, plus jamais d'autres émois, Juliette le matin, le midi, le soir, Juliette à trente ans, mère de mes enfants, à quarante, Juliette ménopausée, ne me laissant plus l'approcher, Juliette à la retraite, rides et cheveux gris, la fatigue, l'ennui, de plus en plus envahissants, la maladie peut-être aussi, qui de nous deux pour le premier cancer ou la première crise cardiaque ? et, au final, deux petits vieux s'aimant encore ou plus du tout." (p. 143)
 
Un proche, adultère : "Je n'avais jamais douté de nous, je m'étais marié, persuadé que ce serait pour toujours, et je refusais que mon mariage soit un échec. Je n'avais pas envie de renoncer à Jessica, et dans le même temps, j'étais obsédé par Marilyne. Je voulais juste m'offrir une parenthèse, je ne voulais pas vieillir avec Marilyne, mais profiter avec elle d'un épisode qui me redonnait mes vingt ans, en mieux. Juste une parenthèse, pourquoi n'était-ce pas possible sans passer du côté des salauds ?" (p. 162)