bonne_nuit_amourJustine a quarante-cinq ans, est rentière, vit seule dans la maison de son enfance avec un grand oiseau noir en liberté (ceci pour la petite touche glauque du début). Elle rend de temps en temps visite à Flora, sa belle-mère hospitalisée, paralysée et muette. Deuxième touche sombre : Flora fut digne d'un conte de fées pendant l'enfance de Justine - une mâratre, quoi... Hans Peter, divorcé et solitaire, travaille de nuit dans un hôtel... Berit est à un tournant de sa vie : la maison d'édition qui l'emploie doit être délocalisée, et ses deux fils viennent de quitter le nid. Voilà pour les quatre personnages principaux ! On visite doucement leurs existences avant que les destins de Hans Peter et de Berit finissent par (re)croiser celui de Justine. En attendant, on se laisse porter plutôt agréablement par le récit, malgré un sentiment de malaise diffus. Et on s'interroge, puisqu'il n'y a ni mort, ni policier dans ce roman qualifié de thriller : est-ce qu'une araignée tisse sa toile ? une vengeance se prépare-t-elle ? A mesure que se dévoilent l'enfance et l'adolescence douloureuses de Justine, ainsi que le drame récent entrevu dans le premier chapitre, l'angoisse surgit, sporadiquement puis tenace et croissante...

Une histoire sombre de maltraitance sur enfant, de cruauté entre gamines, de solitude, de jalousie, de rancoeur... Un récit subtil, de plus en plus prenant et dérangeant à mesure qu'on avance en sombrant dans l'horreur. 

Pouce levé : 15/20 - Horloge  8 au 11 avril - un grand MERCI à Sophie pour le prêt et à Isa pour l'envoi ! 

Le billet très enthousiaste de Paul Arre.

Bonne nuit, mon amour - Inger Frimansson, traduit du suédois par Carine Bruy, Editions Générales First, septembre 2010, 392 p.