blast 1Souvent conseillé sur la blogo, plébiscité en librairie, cet album n'avait rien pour me plaire côté graphisme : noir et blanc, visages déplaisants, avec des nez en carotte ou bec d'oiseau, trait 'agressif' sans l'arrondi enfantin et agréable des Larcenet que je connais et apprécie. J'ai finalement cédé à la curiosité.

Du Manu Larcenet ? oui, pour les angoisses du/des personnage(s), le désespoir.

Mais : le côté sombre n'est pas atténué ici par des touches d'humour ou de tendresse. Difficile de trouver des échos avec ce personnage "à la ramasse", interpellé et interrogé par la police pour s'expliquer d'un crime, visiblement.

Album obscur, tant par le graphisme, les thématiques, que par l'opacité des délires (ce fameux "blast") de l'homme auxquels je n'ai pas compris grand chose. Je vais néanmoins me jeter sur la suite car cet album nous abandonne au beau milieu de rien, on ne sait pas ce que l'homme a fait, ni pourquoi. J'espère que tout va s'éclaircir et surtout que l'auteur ne va pas nous faire languir sur plusieurs opus !?

2,5  -  Horloge  20/08

Blast, tome 1 : Grasse carcasse - Manu Larcenet, Dargaud, novembre 2009, 204 p.

Extraits :

" Hé hé... "Tu détesteras ton prochain comme toi-même"... Ca a certes moins de panache, mais ça a le mérite d'être réalisable. "  (p. 146)

" L'alcool, au même titre que n'importe quel produit qui modifie la perception, est un formidable outil d'expérimentation intellectuelle... Hypocrite époque qui exalte les modifications corporelles douloureuses... Souffrir pour maigrir, se muscler la viande ou s'affermir le croupion... Se tatouer, se percer, se gonfler de plastique, se faire drainer la graisse comme on vide une fosse septique, se faire charcuter le nez, les joues, les lèvres, les mamelles, les complexes... Mais dès qu'on exprime le désir de se modifier l'esprit, surtout au travers d'une délicieuse ivresse, on devient un méprisable déséquilibré... "  (p. 200)