journal hannahParis, janvier 1943. Hannah, jeune femme juive d'origine belge, a une nouvelle identité et  été rebaptisée Anne pour échapper aux arrestations. Ses parents et sa soeur, en revanche, ont été déportés. Son mari lutte dans la Résistance, le couple a une fillette de quatre ans. Un nouveau bébé s'annonce et Hannah est ravie. Mais l'époux trouve inconcevable de mettre un enfant au monde en temps de guerre. L'avortement à quatre mois de grossesse va traumatiser durablement Hannah, qui, nuit après nuit, dans ses rêves, et pendant des années, inventera une vie à la petite fille qui lui a été arrachée...

Avortement, désir d'enfant contrarié, adultère, amitiés féminines, duplicité, versatilité d'un époux, couple, secrets conjugaux, dépression... Voilà les thèmes dont est tissé cet ouvrage délicat, avec la Shoah en filigrane. Un roman très féminin, une histoire belle et tourmentée qui m'avait beaucoup touchée il y a seize ans. J'avoue ne plus vraiment comprendre pourquoi ce fut à ce point un coup de coeur, à une époque où j'étais si éloignée (me semble-t-il aujourd'hui) de la plupart de ces sujets. Un joli récit que je suis contente d'avoir redécouvert, ceci dit, même s'il m'a très légèrement déçue...

Pouce levé  4 - 19 au 21 août

Journal d'Hannah,  Louise L. Lambrichs, LGF, Livre de Poche, janvier 1997, 250 p.

Extrait :

" On ne peut ni recommencer ni refaire sa vie, avec ce qu'elle est et a été il faut poursuivre, découvrir au fond de soi le silence et l'avenir ouvert, la richesse du monde, le travail à accomplir, les valeurs à défendre. Mais il arrive que l'on retombe dans les mêmes impasses, se heurte aux mêmes murs (...) "  (p. 80)