aurora kentuckykentuckyKentucky, premières décennies du XXe siècle. Une famille d'épiciers, quatre générations : Ida qui a sombré dans la folie après son accouchement, Olivia la narratrice, sa fille Pauline, le petit-fils William. Peu d'hommes dans cet univers. Les relations mère-fille sont conflictuelles, houleuses, haineuses même. Privées de tendresse et de communication avec leur maman, Olivia puis Pauline se consolent dans des bras masculins à l'adolescence... Elles se retrouvent enceintes tôt, trop jeunes pour savoir élever un bébé, pour en avoir envie, surtout, d'autant qu'elles ignorent ce qu'est l'amour maternel. Une grande tendresse unit en revanche Olivia à son père, puis à son petit-fils William.

Une jolie histoire, calme, moins dépaysante que je ne l'attendais. Le contexte historique américain n'est pas particulièrement présent, tout au moins sur la première partie (les trois premiers quarts, en l'occurrence). Un peu de nature-writing : les passages concernant loups et chasseurs m'ont rappelé Julius Winsome, ouvrage qui m'avait bien ennuyée, mais ouf, ils sont brefs ici... Un "mystère" évoqué en quatrième de couverture est révélé quasi ex nihilo dans le dernier quart. Artificiellement entretenu, il ne surprend guère, mais paradoxalement, on demeure étonné qu'Olivia ne se soit aperçu de rien avant, concernant les victimes. 

Un beau récit qui m'a plu malgré ces réserves, j'ai pensé de loin à des livres aussi différents que Mississippi, Ne tirez pas sur l'oiseau-moqueur, Seul le silence, La noce d'Anna  en le découvrant... De quoi réfléchir sur les relations mère-fille, père-fille, sur les obstacles dans les relations amoureuses (famille, orgueil), et sur la ségrégation persistante aux Etats-Unis, longtemps après l'abolition de l'esclavage.

L'avis de Manu/Chaplum.

Avis : 15/20 - Horloge du 29/08 au 03/09

Aurora, Kentucky - Carolyn D. Wall, traduit de l'américain par Estelle Roudet, Points, mai 2011, 413 p.

Merci à Bibliofolie et aux Editions Points pour cette découverte bien agréable !

bibliofolie