heraclesorange-noir

Retour à la case départ : j'avais commencé par le troisième opus sans le savoir, je reprends la série au début. Peu importe l'ordre, d'ailleurs, pas forcément de suspense haletant d'un épisode à l'autre, ce n'est en tout cas pas là que réside l'intérêt de ces BD géniales...

Ce premier album plante le décor. Pas d'aventure épique ici, Héraclès n'a pas commencé ses "travaux". Socrate le demi-chien se contente donc de décrire leur vie commune : manger, dormir, s'accoupler (pas ensemble !) pour Héraclès, la même chose pour le chien, les bagarres en moins, la réflexion en plus. Le toutou futé, philosophe, drôle et poltron dresse un portrait sans complaisance de son maître, demi-dieu et accessoirement brute épaisse. Gare à celui qui se met en travers de son chemin (pour les femmes qu'il veut conquérir ou autre), il cogne promptement sur l'indésirable ou le coupe en deux sans autre forme de procès.

Jubilatoire, cette BD est une pépite d'humour et de sagesse. Les "subtilités" des surhommes (héros de la mythologie ou stars masculines actuelles du petit écran et du cinéma), les relations hommes-femmes/maître-animal, et plus généralement l'amitié, mais aussi la violence et l'agressivité exprimées ou sublimées... tout cela vu à travers un oeil sage. On retrouve des points communs avec Le chat du Rabbin, notamment dans l'attachement du chien à son maître.

Bref, un régal de lecture, à poursuivre avec les trois opus suivants. La dernière page laisse présager des aventures dans le tome 2...

Evitez peut-être de lire les citations si vous voulez garder des surprises, mais je ne résiste pas au plaisir de les partager !

Premier de la classe + Sourire éclatant Sourire éclatant Sourire éclatant + Pouce levé = 5

Socrate le demi-chien, tome 1 : Héraclès - Sfar & Blain, Dargaud, Poisson Pilote, octobre 2003, 48 p.

Extraits :

" Je me nomme Socrate. Je ne suis pas juste un chien, je suis le chien d'Héraclès.
Mon Maître est le fils de Zeus, c'est un demi-dieu. Moi, je suis le fils du chien de Zeus, je suis un demi-chien.
Moitié chien, moitié philosophe. "   (p. 3)

" Lorsque quelqu'un s'approche de notre feu, je cherche toujours à bien l'accueillir.
Même si ses intentions sont agressives. Je me dis que par un dialogue constructif, on peut venir à bout de tous les malentendus.
Mais soyons francs, je puis me permettre un tel comportement parce que je suis le chien d'Héraclès. Si vous n'êtes qu'un petit chien à sa mémère, apprenez d'abord la bagarre, et ensuite la philosophie. "  (p. 7)

" Mon Maître n'aime guère les poètes.
Il dit que ce sont des trouillards qui n'osent pas se bagarrer pour de vrai.
C'est pour ça qu'ils racontent toujours des histoires.
Alors lorsqu'il croise des poètes, il se bagarre avec eux.
Ca leur fera des choses à raconter, dit-il. "  (p. 10)

" Quand mon Maître parle aux femmes, il fait de son mieux pour dire des choses intelligentes.
En fait, il regarde leur corps.
Il ne leur parle pas normalement.
C'est parce qu'il n'entend pas ce qu'il dit.
Il s'imagine déjà ailleurs. "  (p. 16)

" J'essaie d'expliquer à mon Maître que les femmes n'aiment pas la violence.
Il me répond qu'elles n'aiment pas les faibles non plus.
Je lui dis qu'on peut être fort sans être violent.
Il dit que non. "  (p. 19)