ch_honor_Lucie a deux mamans : Delphine et Solange. Elle n'est pas la seule dans ce cas dans sa classe : Cécile, dont les parents sont divorcés, a une mère et une belle-mère ; quant à Marie-Laure (orpheline ?), elle a été successivement recueillie par différentes femmes qu'elle considère comme autant de mamans. Aucun problème pour Lucie, donc. Sauf que ses sept ans approchent, et Delphine et Solange ont décidé de lui révéler, le jour de son anniversaire, laquelle est sa mère biologique, "par honnêteté", disent-elles. Mais Lucie ne veut rien savoir, de peur de ne plus les aimer autant toutes les deux...

Evoquer les couples parentaux homosexuels dans un roman destiné aux CE-CM ? L'idée me semble bonne. Il s'agit en tout cas d'un bon tremplin pour en discuter avec ses enfants. Mais quelques éléments me gênent dans ce petit récit, me font même grincer des dents :

- Lucie appelle ses deux mères 'maman', de manière indistincte. Ouch... Autant affubler des jumeaux d'un prénom identique, non ? On a bien affaire à deux personnes, même si le couple parental apparaît parfois comme une entité indissoluble (ici ou dans un couple hétéro). Il me semble important de les différencier dans la façon de les désigner, d'une manière ou d'une autre.

- Les femmes décident de révéler une information à la fillette contre son gré. Toute vérité n'est pas bonne à dire aux enfants de tout âge, attendons qu'ils soient prêts à l'entendre, NOTRE vérité. Laissons-les se forger la leur, qui leur convient, qui les rassure, tant qu'ils n'en demandent pas davantage.

- Lucie et ses camarades de classe me semblent bien mûrs pour leur âge supposé (sept ans). J'aurais plutôt vu des pré-ados dans ces rôles, a fortiori  lorsqu'il est question d'en débattre en classe...

Bien sûr, il s'agit là d'avis purement personnels, je n'ai pas été confrontée directement à la question de la parentalité homosexuelle, ni de près ni de loin... Les autres aspects, en revanche, concernent et interpellent la mère que je suis.

Je reste donc très dubitative sur ce roman, malgré un intérêt indéniable sur le thème général.

Chaque chapitre est joliment précédé d'illustrations en noir et blanc d'Antoine Guilloppé.

Je ne suis pas une fille à papa, Christophe Honoré, illustré par Antoine Guilloppé, Ed. Thierry Magnier, 1998, 77 p.

Pensif  2,5