QUELQUES MOTS DU GONCOURT LYCEENS 2011 - Nantes, 18/10/2011 - (1/3)

Ce n’est pas un compte rendu exhaustif, ce sont juste quelques phrases saisies, aimées, notées, c’est plus ou moins étoffé selon ma connaissance préalable de l’auteur, de son oeuvre. Langage parlé non remanié… Et comme toujours, la crainte de trahir les propos de l’auteur, lorsque les mots sont sortis de leur contexte, comme cela. (vous pouvez bien sûr réagir si vous n'êtes pas d'accord)



ovaldé   Véronique Ovaldé - Des vies d'oiseaux

 Lycéen : « Pourquoi l’Amérique latine et des lieux fictifs dans les deux derniers romans ? »

 VO : « J’ai toujours vécu mon écriture comme un espace de liberté totale. Le fait de déplacer mon histoire me permet une totale liberté. (…) Mais j’ai besoin de nommer les lieux inventés, cela crée des repères supplémentaires pour moi. »

 Journaliste : Écriture très ‘sensuelle’, qui sollicite les 5 sens.

 VO : « Le fait de convoquer le lecteur dans un lieu que je ne connais pas, il lui faut quelques éléments. Etre aussi précise, aussi détaillée dans les sensations, permet de camper un décor. »

 VO : « Beaucoup de mes romans parlent de la tyrannie des familles, le fait de devoir s’extirper d’une famille ultra-toxique. »

  VO : «  Beaucoup de pères, quand leur fille devient une femme, ont beaucoup de mal à trouver le chemin qu’il y avait entre eux quand c’était une petite fille. »

  VO : « Le lieutenant Taïbo est crucial dans cette histoire, c’est un élément pilier. »

  VO : « Comment se libérer est une question qui me préoccupe beaucoup. Pas ce livre en particulier, mais l’écriture en général m’a libérée. Le fait d’écrire est quelque chose de très libérateur. »

 Lycéen : « Pourquoi ce titre ? comment l’avez-vous choisi ? »

  VO : « J’écris toujours un roman sans titre. Je le donne à mon éditeur sans titre, puis je me donne du mal à trouver un titre. (…) Tous ces personnages fragiles, leurs vies éphémères et volatiles m’évoquaient des oiseaux. Idée de quelque chose de fragile et grave à la fois. Vida pourrait être une perruche, Gustavo un dindon, le jeune couple des coucous qui habitent les « nids » des autres. »

 L’auteur a rédigé une première version, beaucoup plus longue, avec le point de vue de chacun des personnages, donc il fallait utiliser une écriture différente à chaque fois. A passé des milliers d’heures avec ses personnages. Mais elle en avait « oublié sa propre voix ». Elle a tout réécrit avec un narrateur extérieur, tout en gardant en tête un « souterrain » sur la vie des personnages (ce qui apparaissait dans la première version). A besoin de s’intéresser fortement à ses personnages.

 

trouillotLyonel Trouillot - La belle amour humaine

 « Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ? » (une phrase de son dernier roman citée par un lycéen).

 « L’usage que j’en fais est déjà de me poser la question, sinon on devient comme un automate dans sa propre vie. »

 

 

sportesMorgan Sportès - Tout, tout de suite  

 Roman-documentaire sur l’affaire Ilan Halimi et le « gang des barbares », dirigé par Youssouf Fofana.

 Auteur de « L’Appât », porté à l’écran par Bertrand Tavernier. « Il s’agissait alors de jeunes qui vivent dans la société du spectacle. (...) La façon dont nos cerveaux sont lessivés par les médias.»

 Les « plus » aujourd’hui par rapport à «L’appât » (roman basé sur un fait divers des années 1990) : les banlieues, la mondialisation.

 MS a entamé une correspondance avec Fofana, ça s’est mal terminé. Il a voulu les manipuler. « Pose théâtrale d’un Ben Laden ou Che Guevara. »

 « Ilan Halimi a été détenu dans des conditions atroces, un des geôliers a craqué. Climat de peur, de crainte. »

 L’auteur est allé « dans tous les endroits, notamment le bois, c’était très émouvant. »

 « Le livre est à 98% fondé sur des faits réels. »

 « Rapport de mépris entre les geôliers et Ilan Halimi. »

 Lycéen : « vous n’avez pas peur de donner une image négative de la banlieue ? »

 MS : « J’écris sur une bande. Fort heureusement, cette bande n’est pas toute la banlieue. (…) Je ne veux pas donner une image péjorative des banlieues, mais il y a un problème social des banlieues. (…) Ce n’est pas un discrédit que je pose sur les banlieues, mais ça pose un problème (…) Phénomène de ghettoïsation. »

 « Quand ces gosses se convertissent à l’Islam, ce n’est même pas de la tartufferie, c’est de la schizophrénie. Ces gosses-là sont dans l’aliénation. » (pas de panique, l’auteur ne condamne pas l’Islam, il évoque ici l’adhésion subite à une religion qui, comble de l’ironie, prône l’amour).

 Lycéen : Titre « Tout, tout de suite » ?

 MS : « Ils veulent tout, avec le spectacle de la richesse à la télé, tandis qu’eux sont ‘no future’. »

 « Youssouf a à la fois un côté rigolard, tchatcheur, et tout à coup son visage change, il y a un monstre, il y a un pervers. »

 « C’était assez accablant de passer deux ans (sur ce personnage, pour écrire le livre) à ce niveau-là de bêtise. Besoin de soupapes pour respirer, avec de l’ironie. »

 « Je suis marqué par les photos du cadavre de la victime : comme si les souffrances endurées l’avaient fait mûrir, avaient fait de lui un vieillard en quelques jours. »

Les 6 autres auteurs bientôt...