lettres d'amourCeci n'est PAS un roman épistolaire. Pourquoi ce titre, alors ? On le découvre à la fin du roman, ce qui contribue à nous faire avancer encore plus vite dans le récit.

Ernest est un brillant élève de CM2. Solitaire, vêtu comme un "petit bourge", il est élevé de manière stricte et austère par une grand-mère hors du temps qui ne sort jamais, ne s'octroie aucun plaisir, figée dans le deuil et le regret des disparus. Tout ceci marginalise bien sûr le jeune garçon, sans ami. Il ne doit qu'à son physique de rêve d'être remarqué et abordé par les fillettes de son âge. Mais cela ne l'intéresse pas. Maison-école-devoirs-dodo (et goûter pomme-biscotte, invariablement). Jusqu'au jour où... Victoire arrive dans sa vie, vêtue comme lui, mais entourée d'une ribambelle de frères et soeurs, tourbillonnante, pétillante d'énergie, d'amour, de vie. Elle saura l'ouvrir peu à peu aux autres, aux petits plaisirs de l'existence, au monde... Et la grand-mère, au passage, va être secouée, pour le plus grand bien de tous.

Un joli récit optimiste sur le poids des non-dits, le pouvoir de l'amitié, et bien d'autres choses... Plein de sagesse et émouvant, ce roman a un petit air de famille avec Tu parles, Charles, à lire dès 8-9 ans, mais aussi avec Ensemble c'est tout, et Happy Birthday grand-mère, ouvrages pour adultes.

A découvrir dès 10 ans. Lu par Junior en 5ème pour un défi lecture, et aimé.

Visage = 4/5 - Horloge  20 au 26/12

Lettres d'amour de 0 à 10,  Susie Morgenstern, L'Ecole des Loisirs, Neuf, février 1996, 210 p.

Extrait :

" Son absence était une immense présence (...), comme un trou qu'on contourne pour ne pas y tomber, mais on pense tant au trou qu'on y tombe quand même. Il avait mille choses à lui dire et mille autres choses et gestes d'elle lui manquaient. C'est ça un trou, un manque infini. "  (p. 151-152)