roomA cinq ans, Jack vit reclus dans une pièce unique avec sa maman, tous deux soumis aux caprices du ravisseur, "le grand méchant Nick". L'homme vient parfois le soir, pour les réapprovisionner, et abuser de la jeune femme, tandis que l'enfant se cache dans un réduit.

Le lecteur découvre cette vie à travers le regard et le langage naïfs de Jack, ce que sa mère lui explique patiemment, subtilement, de ce drôle de monde si restreint et du "vrai", celui du "dehors" dont il n'aperçoit que des bribes via la télé.

Début de lecture extrêmement déconcertant, pour ne pas dire franchement déplaisant, avec la façon de s'exprimer du narrateur, qui n'est autre que le bambin (cf. extraits infra).

J'ai finalement arrêté de grincer des dents face aux "Monsieur/Madame", et dévoré les pages, entraînée par le suspense, et surtout charmée par le courage de cette formidable maman, éblouie par la finesse des échanges avec son fils... Je ne peux pas en dire plus sur la force de ce livre sans dévoiler l'intrigue, sinon qu'il y est magnifiquement question d'amour entre une mère et son enfant, de maternité (et son lot de fatigue) et d'éducation en général. J'en discute par mail avec qui veut...

Après Tout, tout de suite, Séquestrée, Twist, et bien d'autres... une pause s'impose côté histoires de séquestration bien oppressantes !

Merci L'Ogresse et Valérie pour l'idée... je ne vous en veux plus, allez ! Clignement d'œil Visage 

J'aime beaucoup ce que dit Valérie sur l'allaitement dans ce livre - phénomène qui me gênait.

Merci Patricia Cadeau  Gâteau d'anniversaire

Pensif = 3 puis Pouce levé 4.5/5 - Horloge  26 au 29/12

Room, Emma Donoghue, La Cosmopolite, Stock, 24 août 2011, 408 p.

Un exemple des phrases [horripilantes pour moi] de l'enfant :

" C'est maman qui fait chaudir les aliments sur les deux plaques rougissantes de Madame Cuisinière ; j'ai pas le droit de toucher aux boutons parce que c'est son travail de surveiller qu'il y a pas le feu comme on voit dans Madame Télé. "  (p. 35)

Un exemple des jolis mots de la maman :

" Jack, il ne nous donnerait jamais un téléphone ni une fenêtre. Tu ne comprends donc pas ? (...) On est comme les personnages d'un livre et lui, il ne laisse personne l'ouvrir. "  (p. 122)

Challenge 5% de la Rentrée Littéraire 2011 chez Herisson, toutes catégories, 34/35

chall 1% litté 2011