putain d'usineEn une quinzaine de zooms, appelés 'chapitres nouvelles' par le dessinateur, les auteurs nous montrent le quotidien difficile des ouvriers d'une usine classée Seveso.

Fatigue des "senior", pénibilité des 3/8, impression de gâcher sa vie, envie de tout plaquer mais en même temps peur du chômage, accidents du travail parfois mortels, alcoolisme, hiatus manoeuvres/cadres... Quelques moments de trêve : les amitiés viriles, l'apéro (à consommer avec modération car la déprime pousse vite vers l'abus), le soutien des syndicats, les grèves et manifs.

A l'instar du propos, la forme de cette BD est très sombre : le fond et le cadre sont souvent noirs, et cette couleur est également prégnante dans les dessins chargés.

Un album très intéressant sur la condition ouvrière mais aussi plus généralement sur le malaise au travail, susceptible de toucher tout le monde, a fortiori  en période de crise économique. De quoi relativiser encore une fois sur sa propre vie mollassonne de fonctionnaire, émaillée d'autres difficultés certes, mais de moindre importance.

Pour couronner le tout : une postface riche sur le travail de chacun des deux auteurs, on aimerait avoir ce genre d'informations plus souvent dans les BD.

Pouce levé  =  4.5/5 -  Horloge  18 mars - la couv représente l'extérieur de l'usine et sa pollution, c'est le malaise à l'intérieur qui y est décrit - titre éloquent     < emprunt médiathèque >

Putain d'usine, Jean-Pierre Levaray & Efix, Editions Petit à petit, septembre 2007, 126 p.

Cet ouvrage m'a rappelé l'excellent roman-pavé Les vivants et les morts  de Gérard Mordillat - à lire !

Challenge petit Bac de Enna, catégorie Gros mot

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