lewis shinerLu (péniblement) par Mr : 

Alors que Robert Cooper est mourant, son fils Michaël exige de lui des explications qu'il ne lui a jamais données auparavant, au sujet de l'histoire de la famille.

L'histoire de Robert de 1962 à 1970 (pages 137 à 340) est l'occasion d'un grand retour sur la question raciale aux Etats Unis à la fin des années 1960, en particulier au Texas. Un flash back qui retrace bien le contexte de l'intrigue et les pièges dans lesquels Robert se trouve peu à peu imbriqué. J'ai cependant trouvé cette partie un peu ennuyeuse, le récit manquant de vivacité.

Passé ce seuil, de retour en 2004 avec le fils Michaël, l'intérêt du lecteur est éveillé mais l'auteur tombe dans l'excès inverse. Ici, il y a désormais de l'action à gogo, avec quelques clichés, comme dans un (mauvais) film américain, malgré quelques pauses consacrées à la vie amoureuse de Michaël (qui deviennent lassantes).

Il est dommage que l'auteur ait commis ces excès car sa thématique principale (les relations entre Noirs et Blancs au Texas) était intéressante, de même que la description et l'analyse des rapports sociaux qu'elle intègre.

A lire ce roman, on se demande si le principe de "prescription" existe aux Etats Unis ! Ce point est à vérifier (pour l'Etat concerné) mais que des autorités décident d'ouvrir une enquête et d'envisager des poursuites plus de 30 ans après les faits me surprend beaucoup.

Mon avis est finalement très contrasté, à cause de décalages que j'ai ressentis entre un ton parfois très juste (la description des modes de vie et de pensées de diverses communautés) et les excès décrits ci-dessus.

Ma note : 11,5/20.

L'avis de Canel, plus enthousiaste.

Les Péchés de nos pères,  Lewis Shiner, Sonatine, novembre 2011, 598 p.