2e générationLu par Mr :

L'auteur, Michel Kichka, fils d'un père juif revenu du camp d'Auschwitz, raconte son enfance puis sa vie d'adulte, de même que la genèse de cet ouvrage.

Le sujet de la Shoah n'est pas tabou dans la famille Kichka, au contraire : on sent que celle-ci a fait peser un grand poids sur la vie des enfants du survivant. Ainsi, même si les parents Kichka sont aimants, tout se passe comme si les épreuves et souffrances endurées par le père interdisaient aux enfants d'avoir ou d'exprimer leurs propres maux - nécessairement dérisoires en comparaison du passé du père -, et comme s'ils avaient une obligation de réussir pour prendre une revanche. Henri Kichka compare même sa souffrance à celle d'un autre Juif, torturé, la jugeant presque dérisoire par rapport à la sienne. L'engagement de cet homme à témoigner de ce qu'il a vécu (dans un récit autobiographique, par la participation à des voyages commentés à destination de scolaires...) est probablement ce qui l'aide à vivre, mais semble reporter certaines difficultés sur ses propres enfants.

La parution de cette bande dessinée semble finalement être pour son auteur un moyen non seulement de rendre hommage à son père qu'il respecte, aime et comprend mais aussi de "tourner la page" pour lui même.

Le graphisme en noir et blanc est agréable, et l'auteur varie avec succès les formats de ses planches. Quelques unes sont particulièrement réussies et poignantes, en particulier celle de la page 44 (dont Canel a cité le texte).

L'avis de Canel.

Deuxième génération : Ce que je n'ai pas dit à mon père - Michel Kichka, Dargaud, mars 2012, 104 p.