aya 6Tout le monde poursuit son petit bonhomme de chemin chaotique, qui à Yopougon, qui en prison, qui à Paris.

Le fond et la forme restent identiques : force féminine, défauts masculins (quelques hommes sont intègres et même bons, ouf !), reparties vives et souvent drôles, notamment grâce aux expressions locales, superbe graphisme expressif et joliment coloré.

Il est toujours question de lutte (contre soi-même et les autres) pour vivre son homosexualité librement et sans la cacher aux parents, aux proches. Grâce à la franchise candide d'Inno, on reçoit également une leçon sur la façon dépersonnalisée de traiter les malades hospitalisés et les personnes âgées en France.

Quelques retournements un peu faciles, rapides et trop beaux pour être vrais (des méchants punis, des réconciliations, les problèmes de Jeanne, ceux d'Aya, d'Adjoua...) - pour clore la série ?

Quoi qu'il en soit, après avoir été rebutée par le premier opus, j'apprécie de plus en plus cette saga : la finesse, l'humour, le sens du détail (la crise du 'non' du bambin en trois vignettes), ce qu'elle enseigne sur la Côte d'Ivoire et les différences culturelles.

La fin semble ouverte, laissant des questions en suspens, on peut donc espérer que les auteurs ne vont pas s'arrêter là !?

15/20 -  Horloge  8 mai

Aya de Yopougon, tome 6 - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Bayou Gallisol, novembre 2010, 104 p.