le_malentendu1926, de la Côte Basque à Paris... Yves Harteloup est un "rejeton déclassé de la grande bourgeoisie". Depuis son retour du front, il travaille comme modeste employé pour gagner sa vie, sa famille ayant tout perdu. Lors de vacances oisives et langoureuses à Hendaye, il tombe amoureux sur la plage d'une jolie maman, Denise. Elle s'avère être l'épouse d'un homme fortuné qu'Yves a côtoyé pendant la guerre. La jeune femme succombe malgré tout à ce nouveau joujou...

Désir + tendresse = amour ? Voilà l'équation autour de laquelle tourne la jeune femme en souffrant mille tourments de s'estimer mal aimée, ou pas assez, par son amant. L'auteur excelle à disséquer le hiatus entre les contingences d'un homme et les exigences de sa maîtresse. Irène Némirovsky restitue parfaitement les sentiments masculins et féminins à l'œuvre dans cette relation adultère, entre un employé dont les ressources financières sont limitées et une femme riche, désoeuvrée, capricieuse et égoïste.

On rencontre souvent chez cette auteur un brin d'antisémitisme - que je me garderai bien de juger eu égard à sa vie - et une certaine condescendance pour les 'petites gens', ce roman ne fait pas exception. De même, on croise à nouveau une mère presque quinquagénaire aussi séduisante que sa fille, voire plus ; mais cette fois, loin de se poser en rivale, elle est douce, aimante et compréhensive.

Il s'agit du troisième livre que je lis de cette auteur (après Jézabel et Le Bal). Mon émerveillement ne s'émousse pas en redécouvrant à chaque fois cette sensibilité, cette acuité, cette plume délicieuse, qui me rappellent à la fois certains ouvrages de Françoise Sagan (le côté people parisien en moins, ici) et surtout l'œuvre de Maupassant.

Un régal de lecture.  

15/20 - Horloge  10-12 juin

L'avis de InColdBlog.

Merci, Anne, pour ce cadeau, et le joli https://secure.quebles.com/content/hotmail/emoticons/1505556.gif fait main qui l'accompagnait !

Le Malentendu, Irène Némirovsky, Gallimard, Folio, septembre 2011, 192 p.