camusRelu par Mr :

Afin de ne pas trop dévoiler l'histoire, ce billet évite de la raconter et retrace surtout mon ressenti à cette relecture. En effet, j'avais lu ce roman une première fois à l'âge 17-18 ans, c'est à dire il y a environ 25 ans. Je me souvenais de l'avoir alors apprécié, mais seules l'une de ses scènes, et l'ambiance dans laquelle elle se déroule, étaient restés présents dans ma mémoire (la scène sur la plage où la vie de Meurseault bascule).

Le récit qui précède cette scène est nécessaire car il situe son contexte, notamment l'état d'esprit de Meurseault, personnage principal qui demeure cependant énigmatique. Cette partie du roman m'a cependant légèrement ennuyé.

Passé cette première partie, une fois l'irréparable commis, le récit est devenu beaucoup plus intéressant : je me suis mieux identifié à Meurseault, ou l'ai mieux compris. L'auteur s'attache dans cette seconde partie du roman à décrire le décalage entre ce qu'est réellement cet individu et la manière dont la société le traite désormais (juges, aumônier, ...). 

Ce récit est une manière intéressante d'évoquer l'absurdité de la peine de mort (qui avait alors cours en France) pour Camus, dont on sait qu'il y était opposé - comme il l'exposera dans "réflexions sur la peine de mort" écrit ultérieurement en collaboration avec Arthur Koestler (qui y a été lui-même personnellement confronté à la question lors de son séjour dans les prisons de Franco, expérience qu'il a relaté dans son excellent Un testament espagnol).

L'Etranger, Albert Camus, Gallimard, Folio, 1e parution en 1942, 184 p.