soeurs_huntRoman épistolaire à une voix : nous avons connaissance de tous les écrits (lettres, mails) d'Olivia Hunt, mais pas des réponses suscitées, même si on les devine parfois, forcément, à la lecture du courrier suivant.

Cette trentenaire célibataire à court d'argent essaie de se dépêtrer pour produire un film sur Don Quichotte. Elle sollicite quelques 'grands' (dont Robin Williams) mais les démarches patinent. A cette même période, Maddie, sa petite sœur adorée de 27 ans tombe gravement malade. Olivia la soutient par ses visites et ses courriers. Fragilisée par ses ennuis professionnels et l'état de Maddie, Olivia, en manque d'amour et de stabilité, reprend contact avec son dernier ex, qui ne lui répond pas.

Les aventures des sœurs Hunt n'ont pas grand chose de "prodigieux", mais il est vrai que ce qualificatif se réfère à une private joke de leur jeunesse. Olivia est surtout prodigieusement agaçante avec cette histoire de Don Quichotte - dont j'aurais volontiers zappé les passages, à savoir un tiers du roman - qui ne mène pas à grand chose mais dilue et plombe le livre. La partie "maladie" semble être là pour ajouter du pathos autour de ces interminables problèmes de cinéma. Bien que douloureux, ce thème m'a donc paru dénué d'émotion ici, du moins dans un premier temps.

Des phrases bien vues, une plume fluide, une protagoniste punchy... mais aussi pas mal d'humour "american-girly" qui ne m'amuse pas longtemps, une bonne dose de sirop et beaucoup d'ennui globalement, entre ces 400 longues pages.

Pensif  12/20 --- Horloge  22 au 24/07 --- [PAL > 3 ans] - 1

Les Prodigieuses Aventures des soeurs Hunt, Le Livre de Poche, mai 2007, 416 p.
 
Extraits :
 
" Je comprends pourquoi tu aimes écrire des lettres. C'est un peu comme être avec les gens. On pense à eux. On voit leurs visages. On écoute ce que notre coeur a à leur dire. "  (p. 408) 
 
" Les hommes ne devraient pas se teindre les cheveux, non, non, non, ils ne devraient pas. Peut-être qu'il existe une façon de bien le faire, mais en général on a l'impression qu'ils se sont rincé les cheveux à la peinture noire, ce qui équivaut à proclamer : Je suis vaniteux et j'ai un goût de chiotte. "  (p. 268)  ->  avis à Monsieur F.H., élu malgré cela...  
 
"Les hommes s'imaginent que les femmes veulent des diamants, mais ce qu'elles veulent en réalité c'est quelqu'un avec qui parler. "  (p.250)
 
" Les hommes et les seins : c'est un mystère, non ? Est-ce que tu t'es déjà promenée dans la rue, ou trouvée à une réunion de direction ou dans un restaurant, en espérant ne serait-ce qu'apercevoir le pénis d'un inconnu ? Je ne te parle pas des interrogations concernant le physique d'un amant potentiel ; je te parle d'une curiosité aléatoire mais soutenue concernant certaines parties du corps de parfaits inconnus. "  (p.153-154)