JanusLu par Mr :

En préambule, l'auteur indique que cet essai est le résumé et la suite de plusieurs livres qu'il a publiés au cours des vingt-cinq années précédentes.

Arthur Koestler constate un décalage entre les capacités intellectuelles de l'homo sapiens  et certains comportements ancestraux dont il a hérité durant l'évolution, notamment celui qu'il appelle sa tendance à l'intégration, c'est à dire sa recherche de soumission à une autorité, à une cause, ou à un idéal supérieur. L'Histoire de l'humanité - qu'il ne manque pas d'invoquer (guerres de religion, nazisme...) - lui donne raison.

Selon Arthur Koestler, la maîtrise de la puissance destructrice de l'énergie nucléaire et la schizophrénie inhérente à l'Homme risquent de conduire l'humanité à s'autodétruire. Son analyse de la nature humaine se rapproche beaucoup de celle de Henri Laborit (auteur du très intéressant L'éloge de la fuite).

En conclusion l'auteur considère que l'humanité n'est probablement pas la seule forme de vie "intelligente" de l'univers ; il imagine même un processus de sélection entre diverses formes de vie dans l'univers n'y laissant perdurer que les plus "accomplies" (dont l'humanité telle qu'il la décrit ne fait probablement pas partie). 

Au-delà de ce fil conducteur, Koestler expose sa conception de l'évolution (critique des néodarwinistes) et analyse les processus créatifs chez l'Homme, notamment dans les domaines artistiques et scientifiques. Il dénonce aussi les orthodoxies scientifiques c'est à dire ceux qui, selon lui, refusent de reconnaître la réalité ou la possibilité de certains faits parce qu'ils préfèrent une mauvaise théorie à une absence de théorie.

Les thèses exposées sont souvent intéressantes mais l'ouvrage comporte des digressions qui manquent parfois de clarté (à mes yeux) ou d'à-propos.

Janus, Arthur Koestler, Calmann-Lévy, avril 1994, 348 p.

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La quête de l'absolu, autre ouvrage d'Arthur Koestler dans lequel il explique ses écrits antérieurs, traîne à mon chevet depuis plusieurs années. Très intéressant, c'est surtout sa taille qui m'a empêché d'en achever la lecture à ce jour.

D'Arthur Koestler, je recommande surtout Les somnambules (histoire de la redécouverte de l'héliocentrisme), Le testament espagnol (récit de son expérience dans un couloir de la mort de Franco) et Spartacus (récit romancé d'une célèbre révolte d'esclaves de l'Empire romain).

Aussi chroniqués sur ce blog : L'étreinte du crapaud  et Les hommes ont soif.