les_racines_du_malLu par Mr :

Andréas Schalzmann est un jeune homme schizophrène et paranoïaque. Lors de ses crises de délire, de plus en plus rapprochées, il tue. L'absence de logique dans ces meurtres - commis au gré des peurs irrationnelles d'Andréas - et la virginité de son casier judiciaire compliquent la tâche de la police, d'autant plus que malgré sa folie, le jeune homme sait faire preuve d'intelligence.

Des comportementalistes et un spécialiste de l'intelligence artificielle tentent de comprendre Andréas, par intérêt scientifique mais aussi, bien sûr, pour aider à sa capture. Ils découvrent que d'autres personnes ont profité de la série de meurtres qu'il a récemment commis pour cacher leur propres méfaits, Andréas constituant un bouc-émissaire presque parfait ...

Une course contre le montre va commencer pour démasquer ces tueurs hors normes et tenter de mettre fin à leurs agissements.

L'histoire ainsi résumée - sans rien en dévoiler d'important - semble plutôt banale dans ce type de littérature. Il n'en est rien : les criminels et leurs actes sont particulièrement atypiques (par leurs motivations et leur cruauté), et l'auteur y mêle de manière très originale les genres "policier" et "science-fiction". De ce fait, les méthodes de l'enquête et la manière dont elle est racontée sont inédites à ma connaissance.

Le récit est plein de suspense et de surprises, mais certains passages m'ont semblé à la fois très confus et trop longs (je les ai lus en diagonale, sans perdre le fil du récit). Ainsi, les pages 471 à 476 me sont apparues illisibles et sans intérêt (vous pouvez vous y reporter, par curiosité, mais auriez une image trop peu flatteuse du livre en vous y arrêtant), à tel point que l'auteur écrit peu après "ce petit détour de quelques pages dans la Kabbale n'a rien de gratuit" !  De même l'épilogue m'a paru inutile.

Ces réserves ne m'ont pas empêché d'apprécier par ailleurs l'originalité du livre et de ressentir une certaine jubilation à sa lecture (je vous rassure, ce ne sont pas les scènes de cruauté que j'évoque ici...). En fait le manque de clarté que j'ai signalé à propos de certains passages m'est apparu comme une technique narrative visant à donner de la crédibilité au récit, en laissant croire au lecteur que ce qu'il ne conçoit pas n'est pas inconcevable mais simplement inaccessible pour lui. C'est efficace - ainsi, le "Docteur Schizo" qui m'a un peu perturbé au début du récit m'a semblé finalement "normal" - mais il n'aurait pas fallu abuser autant de cette technique.

En résumé : ce roman est très original, et sa lecture très agréable malgré quelques longueurs (qui peuvent être lues en diagonale). Je comprendrais que les avis à son sujet puissent être très partagés.

Un grand MERCI à FaBi (lrdpi) pour ce conseil ! (PAL Canel 2010)

Les racines du mal, Maurice G. Dantec, Gallimard, Folio Policier, 1999, 768 p.