homo_erectusUne confrérie, en quelque sorte : des hommes, exclusivement, se retrouvent le jeudi soir, dans des lieux différents à chaque fois. Ceci pour discuter de femmes, de mésaventures conjugales et/ou sexuelles... Après une période de crise,  de souffrance, chacun d'eux va connaître un changement dans sa vie - pour le meilleur ou pour le pire ?

Dans ce roman aux allures de veillée 'contes', on suit ainsi quelques histoires spectaculaires - trois, principalement. Autant de prétextes pour l'auteur à disserter brillamment et avec humour sur le couple, les relations hommes-femmes, l'adultère, la prostitution (vue par un homme, cette fois) et surtout sur l'éternelle insatisfaction humaine.

J'hésite entre le formidable coup de coeur et un avis plus mitigé, en fait j'ai oscillé entre les deux après cent pages de lecture jubilatoire. De très nombreux passages m'ont paru vraiment excellents (comme en témoignent tous ces extraits relevés), tandis que je me suis ennuyée par moments. Réelles longueurs dans le livre ou manque de patience de ma part ?

Quoi qu'il en soit, voici un roman riche de réflexions percutantes, tantôt drôles, tantôt sombres, souvent très sages. Je le recommande vivement à tous les sexes.

Pouce levé + Sourire éclatant + Premier de la classe = 16/20 - Horloge  16 au 20 octobre

Homo erectus, Tonino Benacquista, Folio, septembre 2012, 320 p.

EXTRAITS :

► Durant ses années de mariage, Yves ne s'était jamais posé de questions sur la fidélité, la longévité du couple ou l'érosion du désir. A bord d'une coquille de noix où ne tenaient que deux passagers, il avait mis le cap sur le grand large et s'était imaginé faire le tour du monde contre vents et marées. Aujourd'hui, débarqué de son rêve, il ne reprendrait plus la mer avant longtemps. (p. 50-51)

► Comment délivrer à cet inconnu un message inavouable : en vivant sans aimer, il avait peu à peu perdu confiance en l'humain. Puis en lui-même. (p 86)

► [Cet homme célèbre] qui redoutait tant de se lier à une femme, non parce qu'elle se prostituait, mais parce qu'elle était grosse, résumait à lui seul une époque décadente où les interdits et les tabous n'étaient plus dictés par la morale mais par les impératifs du profit et la hantise d'un ridicule médiatique. (p. 257)

... et tant d'autres...