petits_meurtres_entre_voisinsUne banlieue chic d'Amsterdam où vivent quelques couples trentenaires avec jeunes enfants, très à l'aise financièrement. Qui se ressemble s'assemble, voire s'associe pour faire prospérer ses petites (ou grosses) entreprises : ces dames forment un club pour papoter, les maris sympathisent, et c'est parti pour les barbecues, les fêtes bien arrosées, mais aussi des relations adultères au sein de ce microcosme et des morts suspectes...

Les thématiques rappellent celles du roman D'excellents voisins : l'amitié plus ou moins sincère, plus ou moins trouble entre voisins, l'infidélité conjugale, l'insatisfaction du trentenaire "installé" à qui tout semble pourtant sourire... le tout largement alcoolisé. Ici, pas moins de cinq couples se côtoient. Donc cinq femmes, ce qui représente beaucoup d'occasions de se montrer jalouses, rivales, mesquines, peaux de vaches... On bave sur les bonnes copines, on se confie des "secrets" vite propagés, on se poignarde dans le dos, on change de "meilleure amie" comme de robe...

Après une ambiance de Barbie riche (ou pauvre ?) en dialogues de bécasses, on entre dans une intrigue intéressante, pleine de surprises, où chacun est tour à tour suspecté de différents "péchés capitaux". Mais une fois le dénouement arrivé, cela semble bien cousu de fil blanc pour pas grand chose, finalement. Et pour une fois, je regrette de ne pas avoir lu le prologue au début !

Agréable à lire, mais décevant après le coup de coeur pour D'excellents voisins, que j'ai trouvé plus subtil, plus troublant.

► Extrait : 

  Je savais comment se déroulaient ce genre de conversations [entre filles], puisque j'y avais participé pendant deux ans. Le caractère, le physique, le mariage et la famille de la personne en question étaient passés au crible et presque toujours réprouvés en bloc. J'avais toujours cru que j'étais celle qui tempérait tout ça, mais à présent, avec le recul, je me rendais compte que j'y avais participé comme les autres, tout simplement parce que c'était agréable, c'était de surcroît une façon de converser qui ne présentait aucun risque. On évitait ainsi de parler de soi, de ses angoisses, de ses doutes, de sa vie de couple. Nous étions complices et nous, nous étions du bon côté. Nous élevions bien nos enfants, elle mal. Nous buvions raisonnablement, elle était alcoolique. Notre mari était quelqu'un de bien, le sien était un sale type. Nos intérieurs étaient aménagés avec goût, elle négligeait le sien. Nous jouions bien au tennis, elle ne touchait pas une balle. Nous savions nous habiller, elle nous singeait. Nous avions de l'argent et une vie agréable, elle nous enviait. Nous étions minces, elle aurait bien fait de se prendre en main. Nos maris étaient fidèles, le sien nous tournait tout le temps autour.  (p. 214)

12/20 - Horloge 01 & 02/11

Petits meurtres entre voisins, Saskia Noort, Folio Policier, mars 2011, 336 p.

Challenge thrillers et polars de Liliba, 23e

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