du_vent_dans_mes_molletscoeur_roseRELECTURE, RE-COUP DE COEUR !

Rachel a neuf ans, une maman anxieuse, un "vieux" papa rescapé des camps, une chouette amie Hortense... mais aussi des problèmes scolaires, grâce à une instit' vraiment très... c*nne - ce qui finit par mener la fillette dans le cabinet d'une psy. Rachel s'y livre, s'y délivre, avec la sincérité d'une enfant particulièrement sensible et futée, qui n'a ni les yeux ni la langue dans sa poche. Emu et admiratif, on découvre en même temps que la thérapeute ses idées, ses bêtises (souvent drôlissimes), ses réactions indignées face aux comportements des adultes - parfois bien maladroits - mais aussi ses souffrances de petite fille de neuf ans.

Un excellent roman plein d'humour et d'émotions. Vous y retrouverez probablement vos jeunes années, vos idées naïves sur la sexualité, la politique, la religion, vos sentiments ambivalents d'alors face aux parents tour à tour impitoyables, drôles et tendres... Et c'est tellement rare que cela mérite d'être souligné : le langage de l'enfant est naturel, spontané, sonne très juste. Bref, ne semble pas ré-écrit et truffé de mièvrerie par un adulte.

Voilà longtemps que je souhaitais relire ce livre, découvert et beaucoup aimé, déjà, en 2006. Aucune envie, en revanche, de voir l'adaptation ciné de Carine Tardieu, même si j'en ai eu de bons échos. Je préfère rester sur cette impression de lecture, en garder mes images.

Pouce levé Pouce levé Pouce levé Horloge  04/11 - 1h

Du vent dans mes mollets, Raphaële Moussafir, Intervista, Les Mues, mai 2006, 111 p.

Extraits :

► J'ai eu envie de dire à madame Trebla que je ne suis pas curieuse mais que quand je m'emmerde, je fais comme tout le monde : je fais semblant de lire ce qu'il y a sur les murs pour pas qu'on voie que je m'emmerde.
(p. 16)
 

► En tout cas, je sais bien que papa avait rien à manger quand il avait mon âge parce qu'il était juif et que moi je suis une vraie peste avec mes Barbie et mes mauvaises notes, mais il y a un truc qui me ferait plaisir, c'est qu'il arrête de m'appeler ma chérie quand il a des saloperies à me dire. (p. 31)

► A ce moment-là, j'ai parlé à [ma] mamie [morte] dans ma tête, mamie qui me regarde partout et tout le temps, et je lui ai juré que moi aussi, si j'avais une fille aussi conne que ma mère, j'en serais morte. (p. 36)

► - Mais qu'est-ce que ça veut dire, de gauche ?
- Je sais pas trop, mais je sais que c'est mieux.
(p. 91)