anticyclone► Avis de Canel :

Nina et Castor sont salariés dans la même entreprise de transports. Après avoir fait des infidélités à l'équipe de chauffeurs, Castor est devenu indésirable. Nina, tête de turc de ses collègues qui la surnomment 'grande gueule', est également sur la sellette. Chacun des deux s'accroche pour garder sa place, quitte à se tirer dans les pattes. Au milieu : le Directeur des Ressources Humaines pour arbitrer.

La peinture du milieu professionnel est intéressante : manipulation par les cadres, difficulté de travailler en groupe, clans, malaise au travail, estime de soi que doit procurer un emploi - le fait d'en avoir un, mais aussi son contenu, pour soi et aux yeux des autres -, spectre du chômage...

Un album émouvant et sombre, dans lequel on retrouve des esquisses du personnage central de Lulu femme nueUn peu d'humour cependant (la scène du moustique) et, brièvement, une ambiance de camaraderie qui rappelle d'autres ouvrages de l'auteur (Quelques jours avec un menteur, notamment).

Quoi qu'il en soit, je ne suis pas complètement emballée par ce récit qui semble s'éparpiller. Jusqu'à présent, les BD-reportages de Davodeau m'ont davantage séduite que ses fictions, parfois excessives, peu crédibles. C'est le cas ici, tandis que, paradoxalement, le contexte social est très réaliste.

14/20 - Horloge 9 janvier - emprunt mdtk

► Avis de Mr :

Nina travaille dans une grande entreprise de transport. Les relations sociales y sont très tendues et l'ambiance de travail de Nina est dégradée. Elle ne se laisse pas faire, d'ailleurs elle est surnommée "Grande Gueule", mais sa franchise pourrait finir par lui porter préjudice, même si le DRH semble faire preuve d'une certaine souplesse.

Le thème est intéressant et sous le crayon de Davodeau (qui a déjà magistralement croqué quelques brillantes chroniques sociales), promettait un bon moment de lecture. Or l'histoire et la manière dont les rapports entre plusieurs personnes sont décrits ici m'ont semblé exagérés et manquant de réalisme (une exception pour la fillette, personnage crédible et émouvant). J'ai donc été très déçu, malgré la qualité du graphisme et quelques scènes amusantes (quelques répliques bien senties de Nina par exemple). 

Etienne Davodeau me semble beaucoup plus convaincant et émouvant quand il construit ses livres sur la bases de témoignages que dans une fiction comme celle-ci, même si elle est peut-être en partie inspirée de faits réels.

Un monde si tranquille - Anticyclone,  Etienne Davodeau, Delcourt, Collection Sang froid, janvier 2004, 55 p.