ivan

Ivan vient de Russie, ne parle pas un mot d'américain lorsqu'il arrive en cours d'année dans l'école de Boris. Ce dernier étant bilingue - d'origine russe, également -, il se voit chargé de faire l'interprète. Déjà ce rôle ne l'enthousiasme guère, mais en plus les paroles du garçon sont difficilement traduisibles. Non en raison de leur difficulté, mais parce qu'elles sont méprisantes, injurieuses, macabres… Alors Boris compose, invente des propos policés, aimables.

Ce roman est proche de Comment écrire comme un cochon de la même auteur : entraide entre camarades, d'abord à contrecoeur car imposée par un adulte, relations hostiles, puis solidarité. Le regarde que porte 'le petit nouveau' sur cette école est intéressant, notamment lorsqu'il se gausse des chansons pour les plus jeunes, pas si gentillettes qu'on pourrait l'attendre. Dommage que le personnage d'Ivan soit quand même si outré, et par là même si pénible : pas de demi-mesure, le gamin est toujours prévisible dans ses paroles fielleuses.

Boris aura l'art de retourner la situation, et tout s'expliquera à la fin, mais bof... Cela n'aura pas suffi à estomper mon agacement du début. Cela dit, je pense que tant de hargne devrait plaire aux jeunes lecteurs, qui rêveront probablement de se défouler impunément dans une langue inconnue de (presque) tous...

Cette collection est destinée aux 9-10 ans. Pourquoi, dans la traduction, parler de langue française alors qu'il s'agit d'enfants aux Etats-Unis ? Le public visé est tout à fait en mesure de transposer, non ?

--- De cette auteur, il me reste à découvrir la série du Chat assassin...

Pensif 11/20 - Horloge 13 & 14 janvier 

Ivan le terrible, Anne Fine, L'Ecole des Loisirs, Neuf, septembre 2008, 80 p.