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Le scénariste s'est inspiré de témoignages de femmes rencontrées au Yémen pour créer le personnage d'Intisar. Cette jeune femme née dans une famille aisée a pu faire des études à l'étranger, mais reste prisonnière des conventions sociales et de la condition féminine yéménite en particulier. Le simple fait d'occuper un emploi ne va pas de soi.

Par quelques courtes chroniques, les auteurs présentent des situations vécues, prétextes à décrire la société yéménite. Mixité rarement tolérée, corruption, religion, contrôle masculin sur la destinée des femmes (de la famille, principalement), port du voile...

Le graphisme en noir-blanc-brun est joli, le trait est doux - trop peut-être : les adultes ont des visages bien enfantins. Le propos est très intéressant, notamment les mises au point sur l'Islam, pour contrer certains de nos préjugés d'occidentaux. J'ai cependant trouvé la plupart des chroniques diluées et trop anecdotiques. J'ai sans doute eu le tort de comparer à Marjane Satrapi, Guy Delisle, Paul Fournel, Alla El Aswany...

Préface et postface sont en revanche passionnantes. Plus étoffées, elles offrent des précisions bienvenues sur le niqab, le hijab, et une drogue qui fait des ravages dans le pays : le qat.

3.5/5 - Horloge  23 janvier - emprunt mdtk

La voiture d'Intisar, Portrait d'une femme moderne au Yémen - Pedro Riera & Nacho Casanova, Delcourt, septembre 2012, 208 p.

Chanson citée par Intisar : "Ce que j'aime avec Beyoncé et Rihanna, c'est que leurs textes s'adressent aux femmes"  (p.162)