les_averseskunacoeur_gris"Recherche personne parlant le turc. Rétribution convenable. Expérience non requise. Non fumeur de préférence." C'est par cette petite annonce que Pelin entre dans la vie de Madame Rosella, octogénaire vivant à Berlin. Etudiante d'origine turque, Pelin a besoin d'argent. Après une première rencontre plus ou moins convaincante, elle viendra finalement tenir compagnie à la vieille femme une fois par semaine.

Madame Rosella a vécu à Istanbul pour échapper au régime nazi, elle n'y est pas retournée depuis soixante ans. Les deux femmes évoquent fréquemment cette ville qu'elles ont bien connue toutes les deux - chacune à une époque différente. La vieille dame égrène ses souvenirs de jeunesse. Vive, drôle, sensée, sage, conteuse hors pair, elle réussit peu à peu à vaincre les réserves de Pelin et à la faire parler.

Superbe roman constitué exclusivement de dialogues. Les échanges sont simples - ce qui renforce leur crédibilité -, doux et respectueux, même si les femmes ne sont pas toujours d'accord. Il est question de la guerre, du nazisme, de religion, de l'exil, du couple, de l'amour (celui qu'on "ne fait pas", aussi) de solitude... bref de vie, tout simplement.

Je redoutais de lire de nouveau une auteur turque, ayant eu du mal à entrer dans le style de Elif Shafak. En voulant insérer la photo, je m'aperçois que c'est un homme qui a écrit cet ouvrage. Cela dit, je ne pense pas que cette "différence" suffise à expliquer que la plume soit si fluide, si agréable.

Ce très beau texte pourrait donner lieu à une adaptation au théâtre.

L'avis enthousiaste de Catherine.

Pouce levé 17/20 - Horloge 26 janvier - emprunt mdtk au hasard - la superbe couv rappelle beaucoup celle de La bascule du souffle de Herta Müller.

Les averses d'automne, Tuna Kiremitçi, traduction de Jean Descat, Editions Galaade, octobre 2011, 218 p.

Chanson de Şebnem Ferah évoquée dans le roman ("Yağmurlar" signifie "Adieu")